septembre 2010

Un OM 37

Dimanche 26

A 6 h 30, tout le monde debout. Une heure plus tard, nous sommes prêts. De grosses gouttes s’écrasent sur le pont suivies de leurs copines. La houle semble encore forte. Nous renonçons à partir. Il pleut par intermittence toute la matinée. Bricolage des pieds de table du carré, réglage des boulons sur le moteur. Nous discutons avec un skippeur français qui admire notre bateau et a tout de suite vu qu’il venait de chez Méta. Il nous pose un tas de questions et, en retour, nous explique que le vieux bateau en bois au fond du port est utilisé pour tourner des films d’aventure, et que la tour qui domine la ville est le vestige d’une usine de plomb. Plus tard, un voilier vient accoster derrière nous. C’est un O.M 37 en alu, tout droit sorti des chantiers Méta. Un grand frère en quelque sorte ! Le propriétaire est savoyard. Visite respective des bateaux. Le sien est tout blanc à l’intérieur, spacieux, super équipé. Le notre a du rhum et des citrons verts pour le ti-punch… Un deuxième bateau vient s’amarrer à couple, ce sont des Irlandais.

Lundi 27

Le réveil sonne à 6 h. Nous n’essayons pas d’être discrets pour que les Irlandais se réveillent. Ils partent à 7 h, nous les suivons. Rien de nouveau dans la mer d’Alboran. Le soleil se lève à 8 h précise, quelques poissons volants, rien au bout de la ligne. A 12 h, nous sommes accueillis à Motril par une puanteur épouvantable. C’est l’usine de kaolin qui jouxte le port ! Nous prenons le bus pour aller en ville et régler des problèmes de billets d’avion. Mi-jo et Gérard devaient partir mercredi 29, mais une grève nationale est annoncée. Ils partiront demain. Au retour, détour par la plage, il fait frisquet.

Ville déserte

Vendredi 24

Nous profitons d’une accalmie pour pousser jusqu’à Almerimar. Ville déserte. La mer argentée jette ses blancs rouleaux sur la plage. Surfeurs et kite- surfeurs se régalent. Baignade pour Mi-Jo et Gérard. Promenade au couchant.

Samedi 25

Saut de puce jusqu’à Adra. Nous avons toujours le vent dans le nez. La côte que l’on suit est couverte de grandes serres et le paysage semble englué dans ces toiles d’araignées. Nous nous amarrons dans une zone portuaire en travaux. Après un bain frisquet, Marie nous donne un cours de Chi-Gong  sur la plage déserte.

l’Alhambra et ses jardins

Mercredi 22

Il nous a fallu plus de cinq heures pour visiter l’Alhambra et ses jardins. C’est immense et c’est beau. Des bâtiments habillés de dentelle, des jardins, des fontaines, une belle harmonie et des parfums. Odeurs de foin coupé, de buis, de jasmin, de myrte, de roses. Un régal ! Et cette eau qui ruisselle, glougloute et jaillit de partout, et cette vue imprenable de Grenade sur fond de montagne ! Nous ne regrettons pas d’être venus. Après une heure de repos et le ventre callé par un kébab-pizza, nous repartons vers le souk plein de couleurs et, exténués, rentrons à l’hôtel pour une nuit réparatrice.

Jeudi 23

Notre bus part à 12 h. Il tombe quelques gouttes. Nous passons un col à 1380 m et découvrons d’autres détails du paysage. Jiloumé nous attend, il vente, il pleut, le baromètre n’annonce rien de bon. Lecture, écriture.

Jusqu'à Grenade

Lundi 20

Il pleut. Mi-Jo et Gérard nous rejoignent sans problème au port. Nous achetons nos billets de bus pour le lendemain et marchons dans la ville. Aux pieds de la citadelle (fermée le lundi) s’abat un vol de pigeons. Ils ont le dessous des ailes rouge, bleu, jaune ou vert. Mais, qui a peint les pigeons d’Almeria en vert ?

Mardi 21

Il faut deux heures pour aller, en bus, jusqu'à Grenade. Nous traversons des déserts rocailleux, des paysages de Far-West avec des canyons profonds, passons devant des villages troglodytes creusés dans le tuf. Des collines plantées d’oliviers et d’amandiers succèdent aux champs d’éoliennes et, enfin, la Sierra Nevada avec quelques névés accrochés à ses sommets, nous conduit jusqu’à Grenade.  Notre pension est une coquette maison de 2 étages avec une petite fontaine devant et une terrasse ensoleillée. Visite de la monumentale cathédrale, avec ses orgues décorées et des vieux livres d’un mètre de haut dont les pages sont toutes ornées de riches enluminures. Les dessinateurs avaient du boulot à l’époque !!! En suivant la vallée du Darro, qu’enjambent quelques vieux ponts, nous accédons à la colline de l’Albaicin, qui fait face à l’Alhambra. Quelques musiciens grattent sur leurs guitares un air de flamenco. Un gitan au profil d’aigle module un chant d’amour, et deux fortes touristes espagnoles se trémoussent avec grâce. Couleurs chaudes au coucher du soleil. Belles lumières, belle ambiance.

Gigondas et vin de Majorque

Jeudi 16

Nous continuons notre visite de la ville, puis au moteur filons jusqu’à Garrucha. Le port est tout petit et, surprise, le bateau allemand est là. Cette fois nous faisons connaissance. Lui, ressemble comme deux gouttes d’eau à Pierr’o, et elle, a toujours le rire au coin de l’œil. Ils naviguent depuis plus de quatre ans en Méditerranée et ont envie de gouter aux Caraïbes. Ils ne parlent qu’allemand avec quelques mots d’anglais. Célian, (nos copains français) est également au ponton. Après le repas du soir, tout le monde se retrouve sur Jiloumé où, grâce au Gigondas et au vin de Majorque, on se comprend de mieux en mieux.

Vendredi 17

C’est jour de marché. On commence à voir du raisin, les tomates sont moins chères et il y a des fleurs (je n’ai encore pas vu de fleuriste depuis la France). Nous rentrons en courant sous la pluie. L’après-midi, nous retrouvons par hasard Suzi et Ingolf au supermarché. Ils achètent de la choucroute, et nous, du fromage. Nous prenons l’apéro sur leur bateau qui fait la même longueur que le notre et qu’ils ont aménagé eux-mêmes. Nous avons bien fait de ne pas partir, le vent souffle très fort cette nuit et ça balance, même dans le port.

Samedi 18

Départ à 10 h. Le ciel est bleu, les poissons volants s’enfuient devant l’étrave. Nous faisons halte à Carbonera pour manger nos crevettes, amarrés à une station d’essence déserte. Nous avons le vent dans le nez et, c’est au moteur, à 6 nœuds, que nous fonçons dans les vagues qui aspergent le bateau (et moi !). J’aime assez cette violence, ces gerbes d’écume, cette lutte, tant que je me sens en sécurité et que cela ne dure pas trop longtemps. J’avais pris une douche ce matin, je suis de nouveau salée comme un hareng. A 16 h 30, nous trouvons enfin un coin calme, en face d’un petit village tout blanc « Las Negras » qui ne figure même pas sur ma carte. Le vent tombe subitement, la mer se défrise.

Dimanche 19

A partir de 5 h du mat, la houle nous secoue. A 10 h, nous partons. Nous fonçons à 7 nœuds. Le vent et les vagues nous poussent. Le paysage est sauvage, la temps aussi. Gilles, qui ne lâche pas sa ligne de traîne, sent une secousse et remonte un splendide poisson vert, décoré de tâches noires. Il fait 40 cm, c’est une daurade coryphène. Il est fier notre Gillou ! Mais, en remontant de nouveau sa ligne, déception, plus rien au bout ! Cassé net. Le leurre à 10 € a disparu avec l’hameçon. Ça fait cher le maquereau !!! Nous le cuisinons à 17 h, quand nous sommes enfin amarrés au ponton de la marina d’Almeria.

Le chant du coq

Mardi 14

De ma couchette j’entends chanter un coq et c’est toute une bouffée de campagne qui m’enveloppe aussitôt. Gilles trouve que l’on courre trop, nous allons donc passer la journée ici. Après le bain, nous allons rendre visite à nos voisins de mouillage. Ce n’est pas si simple d’aller trouver les gens, comme ça, sans raison. Il faut vaincre sa timidité. Elia et Stéphane nous offre l’apéro, ils ont une gentille petite fille de six ans, princesse en rose. On devient vite bavard et se sont eux qui viennent à l’apéro du soir. Suprême honneur, nous sortons un saucisson de St Igny. C’est agréable de se faire des copains, nous sommes un peu en manque.

Mercredi 15

Nos nouveaux amis sont partis, un bateau allemand, déjà vu plusieurs fois, est arrivé. Nous levons l’ancre et poussons jusqu'à Aguila (aigle). Comme le vent est faible nous envoyons le spi (en fait, un cote D). Quand, tout froissé, il se déploie, c’est un pétale de coquelicot qui s’épanouit. Nous allons à cinq nœuds. Le ciel est gris, la mer aussi. Aguila nous parait bien sympathique. Enfin une vraie ville avec des autochtones et non plus une citée dortoir pour touristes. Une procession sort justement de l’église. C’est la vierge des douleurs, une épée plantée dans le cœur, que l’on emmène jusqu'à la plage. Quarante personnes la portent, un orchestre ouvre la marche, la foule suit. Nous n’assistons pas à la messe sur la plage mais rentrons au bercail.

la Mar Menor

Dimanche 12

La mer Menor a été délaissée par ses bateaux. Nous sommes seuls au mouillage, tout est calme, l’onde est transparente ainsi qu’aux plus beaux jours. Tout autour du bateau, dansent langoureusement des méduses. Jaunes, coiffées d’une calotte orange, leurs franges se terminent par de petites perles noires. Nous renonçons à notre bain matinal, ce serait dommage de les déranger !!! Il aurait fallu une semaine de plus pour visiter cette baie fermée par un cordon littoral de 20 km. Le temps semble encore nous manquer. Nous attendons 11 h que le pont se lève et repartons dans la houle. J’ai médit : passé le cap de Palos, la côte devient sauvage, déserte et rocheuse, jusqu’à Carthagène. Arrivé sur le ponton d’accueil, le long de la promenade qui longe le port, en sautant, je me prends les pieds dans le cordage que je tiens, et m’affale piteusement sous l’œil amusé des badauds. La honte !!!

Lundi 13

Deux monstrueux bateaux de croisière, comme nous n’en n’avions encore jamais vus, ont déversé sur la ville des tonnes d’anglais. Grâce à cet arrivage, les musées sont exceptionnellement ouverts ce lundi. Nous en profitons pour visiter le théâtre romain et le fort de la Conception converti en jardin public. (Impressionnant ficus de plus de 800 ans). La ville et proprette avec de belles façades meringuées et de grandes avenues piétonnes. Nous photographions le plus ancien des sous-marins, inventé par un lieutenant local  en 1888. Je n’ai jamais autant marché que depuis que je navigue. Nous repartons à 14 h, la houle nous attend à la sortie du port. La côte est toujours sauvage. Mouillage dans la baie de Mazarron. Promenade à terre.

La grande lessive

Vendredi 10

Ce matin, grande lessive à la lavenderia du coin.     Gilles, en voulant accrocher le moteur de l’annexe sur le pont, tombe à la renverse dans l’eau du port en criant ; je tooommbe !!! J’ai juste le temps de rattraper le moteur qui allait suivre le même chemin et atterrir sur sa tête. Ouf ! Après cet incident et une bonne douche, nous partons. Navigation à la voile par beau temps. Surprise !! Nous attrapons un poisson avec la ligne de traîne qui nous suit tout le temps. Il fait 29 cm. Arrivés à Torrebieja nous le dégustons avec, pour Gilles, un petit St Véran bien frais.

Samedi 11

Navigation sous voile avec une grosse houle de travers. Je barre. A 17 h nous empruntons le canal qui va à la « Mar Menor » en passant sous un pont levant. D’un seul coup, tout est calme, plat et immobile. Un autre monde. Nous attendons le coucher du soleil à la terrasse d’un café en écoutant de la musique zen.

Un bon de plus au sud

Mercredi 8

Un bon de plus au sud et nous voilà au port d’El Campello. Petit tour en ville. Passage à la criée aux poissons où nous faisons connaissance avec les « galères » petits crustacés translucides avec une tache noire sur la queue. Nous découvrons ensuite, par hasard, un site archéologique « la illeta dels Banyets » sorte de presqu’ile habitée depuis la préhistoire jusqu’au 19° siècle. Intéressant et inattendu. Rentrons à la nuit.

Jeudi 9

Depuis notre arrivée en Espagne nous progressons de cap en cap, toujours curieux de ce que nous allons découvrir derrière. C’est comme quand on est invité chez quelqu’un et que l’on attend avec gourmandise le dessert surprise concocté par l’hôtesse. Mais maintenant, les caps s’espacent, les baies sont immenses, les villes envahissent tout le littoral, et quand le dessert arrive, on à plus très faim ! Vers 13 h nous arrivons à Alicante et partons de suite errer dans les vielles ruelles. Un ascenseur de 143 m à l’intérieur de la colline, nous propulse au sommet de la forteresse de Santa Barbara. Du haut des remparts la vue est très belle, en bas la mer moutonne. On se croirait dans un roman de Robin Hobb. Nous flânons jusqu’au soir sur la monumental avenue bordée d’arbres qui longe le port.

Pensée du jour : Honnis soit qui m’Alicante. Gil

  

Sage décision

Lundi 6

Nous prenons un faux petit train pour touristes qui nous fait visiter la ville. Le baromètre est à la baisse. A 17 h, nous quittons l’abri du port pour mouiller pas loin, afin d’éviter de payer 35€. Au bout de 3 h à se faire chahuter par les vagues et le vent, nous retournons au port aux dernières lueurs du jour. Sage décision.

Mardi 7

A 7 h 30, nous partons, sans déjeuner et sans payer. Jiloumé à mis ses moustaches d’écume et nous, nos cirés. A 10 h nous trouvons un joli mouillage en face de la Playa d’Albir et partons visiter le pittoresque village d’Altéa (murs blancs, tuiles roses, coupoles bleues vernissées)