octobre 2010

Université de Cadix

Vendredi 22

Nathalie m’a offert le petit dictionnaire de Français qui me faisait défaut. Je suis touchée. Les arceaux de la capote sont fixés, le ciel est nuageux.

Samedi 23

Visite du centre de Santa Maria avec son marché, ses églises, la place del toros et son paseo maritimo.

Dimanche 24

Apéro chez Jean-Claude avec sa femme, très sympathique, et son fils. Ayant vu une affiche avec le mot « carnaval » nous nous rendons au lieu dit à 13 h. Après une longue attente dans un bistro enfumé et bondé, trois gaillards arrivent avec une guitare. Ce sont des comiques ! Ils chantent (très bien) font les pitres, blaguent. Les gens autour de nous sont morts de rire. Ils participent, répondent et chantent à la demande. Je ne comprends pas un mot de ce qu’ils racontent, mais l’ambiance est tellement chaude… Au bout d’un moment, nous cédons la place à ceux qui sont sur le trottoir et qui sauront, mieux que nous, apprécier le spectacle.

Lundi 25

Daniel nous emmène visiter l’université où il travaille. Gilles replonge avec délice dans un bain de microscopes, de labo, d’échantillons et autres choses bizarres. Nous rencontrons des professeurs, des ingénieurs, des directeurs, une Colombienne et un Bolivien. Daniel nous présente ses collègues et nous explique tout. C’est un guide parfait. Au retour, passage par Décathlon. Pessimiste, je m’achète un ciré de voile, Gilles, optimiste, un paquet d’hameçons.

Puerto Santa Maria

Mercredi 20

A petite vitesse, pour avoir le temps de faire de l’eau douce, nous traversons la baie. Au passage nous allons saluer nos amis qui sont au mouillage. A Santa Maria, Jean-Claude nous accueille avec sa fille. C’est le marinero, l’homme à tout faire, le Français du port. Il était parti, avec sa famille, pour un tour du monde et après avoir bourlingué en Méditerranée, s’est arrêté là pour que ses enfants apprennent l’espagnol. Cela fait 4 ans. Ils vivent au port, sur un bateau de 14 m. Nous sommes amarrés au bout du ponton sur le rio Guadalete. L’eau douce devrait éliminer quelques algues marines accrochées à la coque. La peinture a beaucoup souffert. Les palmes blanches sont par endroit devenues grises, l’arrière aussi a perdu sa couleur. La mer n’a pas pitié des artistes.

Jeudi 21

Daniel vient prendre un café à bord avant de partir au labo en vélo. Je n’ai plus mal au dos. Il revient à 22 h avec Nathalie pour nous emmener dans une peña écouter du flamenco. Le café est minuscule et bondé, presque tout le monde est debout. Nous grignotons toutes sortes de délicieux tapas (omelette à l’aubergine, champignons à l’ail, jambon de pays etc...) L’ambiance est décontractée mais, quand la chanteuse commence, c’est un silence respectueux qui s’installe. Sa voix est forte et chaude. Un guitariste l’accompagne. Les gens tapent des mains ou ponctuent la chanson de « olé » enthousiastes. Super soirée.

Xéres

Lundi 18

Bricolage. Il fait un temps idéal pour partir… Francis vient nous donner quelques conseils pour l’informatique. Avec sa femme, Yolande, ils viennent le soir grignoter avec nous. Nous avons l’impression de nous connaître depuis longtemps et la discussion va bon train. Ils essayent de nous convaincre de passer au Cap Vert. Eux vont bientôt rentrer en Bretagne pour une révision générale. Francis aime bien la confiture de St Igny…

Mardi 19

Il nous faut ¾ d’heure à pied pour atteindre la gare, puis une heure de train pour arriver à Xérès. La région est plate et marécageuse. Lagunes et marais salants se succèdent. Le train s’arrête souvent. La séance chez l’ostéopathe se passe plutôt bien, il a l’air content de lui mais pour moi, cela suffit. Nous en profitons pour visiter la ville et son marché très animé. A l’extérieur de celui-ci des marchands proposent des petits escargots, des olives fraîches, quelques herbes de leur jardin. D’autres, des crevettes microscopiques qui sautent comme des asticots. Un vrai bonheur… Nous achetons du miel, du fromage et des chirimoya. Petit restau sur une place ombragée. Je ris toute seule devant ces feux tricolores où le bonhomme devient bonne-femme toutes les demi-secondes. Le retour nous parait interminable. A 17 h, comme convenu, le fabricant de capote (espagnole!) arrive. Nous nous mettons d’accord. Pour l’arranger, nous irons demain au club nautique de Santa Maria.

Daniel et sa famille à Càdiz

Samedi 16

Daniel, le copain microscopiste de Gilles et sa femme Natalie, viennent nous chercher en voiture à 10 h. Ils nous emmènent à Xeres, où j’ai rendez-vous avec l’ostéopathe. La séance est vigoureuse et musclée. Le Coréen qui me manipule est un solide gaillard qui finit par me faire craquer la colonne de haut en bas, ce qui est très désagréable. Il voudrait que je revienne 3 ou 4 fois. J’opte sagement pour un dernier rendez-vous mardi prochain. Nos amis habitent une maison avec jardin, le long d’une grande pinède qui longe la mer. Le site est superbe et l’accueil chaleureux. Ils nous invitent au resto pour déguster des poissons, au bord de la plage. Promenade digestive parmi les pins. Ravitaillement au supermarché. Retour au bateau. Journée bien remplie.

Dimanche 17

Grasse matinée. J’ai le dos moulu. Gilles refait certains joins de hublots qui ne tiennent plus. Je flemmarde. Pour l’apéro du soir, nous sommes invités par des voisins Breton, qui ont à peu près notre âge. Cinq heures plus tard, nous discutons toujours…

Trompettes à Cadix

Vendredi 15

Nous suivons les remparts qui encerclent la ville. Halte agréable dans les allées du parc Genoves. Visite au château de Santa Catalina. Promenade sur la digue qui mène à celui de San Sebastian. Nous regardons les pêcheurs, la marée qui monte, les oiseaux, les gens. Tranquilles. Au retour nous nous perdons un peu dans les ruelles tortueuses du vieux quartier. A l’endroit habituel nous nous arrêtons pour écouter les musiciens. Ils sont répartis en deux groupes d’environ trente personnes. Les premiers jouent d’une trompette courte avec une sorte de vis sur le côté, les sons qui en sortent sont très aigües. Le deuxième groupe a des instruments plus classiques et plus harmonieux. Mais voilà les tambours qui arrivent, les groupes se fondent, s’alignent, et c’est un vrai orchestre de 90 personnes qui joue pour nous. Nous restons là, béats, pendant une ou deux heures, jusqu’à ce que nos oreilles demandent grâce.

Cadix la belle, la belle de Cadix à des ...

Jeudi 14

La révision du moteur (pour les 200 h) est faite. Cadix est une très vielle ville. En flânant dans ses rues, nous tombons sur un théâtre romain en cours de fouille, une cathédrale fermée, de jolies places ombragées, la poste (enfin !), le marché, fermé. Dans la rue principale nous avons le plaisir de voir 7 bronzes de Rodin, prêtés par la ville de Paris, exposés en plein air. C’est une belle surprise. Dans un café, je demande un thé au lait et le serveur m’apporte un plein verre de lait avec un sachet  de thé qui trempe dedans. Gloups ! Pour rentrer au bateau, au bout du port de commerce, nous devons emprunter une jetée qui fait plus d’un km. C’est un coin qui plairait à Emeric ! Plus d’une trentaine de jeunes s’entraine à jouer de la trompète. Au début, c’est une belle cacophonie, mais plus tard, dans la nuit ils jouent ensemble et ça à l’air géant. On entend aussi un tambour, puis on n’entend plus rien, on dort…

L'apéro se termine à ...

Samedi 9

Il a venté toute la nuit, maintenant il pleut. Une vraie grosse pluie à faire rêver les grenouilles. En milieu d’après midi nous chaussons nos bottes et nous aventurons jusqu’à la ville. Ici, on pêche le thon à l’ancienne, et les ancres stockées sur le port servent à retenir les filets au fond de l’eau. La mer est grosse et les surfeurs se régalent. La marée a une amplitude de 4 m. Agréable soirée chez des voisins bretons. Ils ont pris 6 mois de congé pour aller sur leur Gin-fizz jusqu’aux Canaries... Il revente, il repleut.

Dimanche 10

Pas d’amélioration. Dehors, il y a une houle de 4 m. Nous sommes contents d’être au port. Les vagues éclaboussent le ciel au dessus de la jetée. Soirée sur Walhalla le bateau breton, avec, en plus, un couple franco-grec-belge. Lui, ethnologue, elle, Josiane, interprète. Ils ont tous des histoires passionnantes à raconter et, l’apéro se termine à 1h du mat.

AÏE

Jeudi 7

Avant de quitter Gibraltar nous allons rendre visite aux Anglais pour faire le plein de gasoil. Un faux mouvement, et me voilà avec le dos coincé. AIE ! J’essaye tous les étirements possibles pour décontracter tout ça, mais ce n’est pas très efficace... Dans la baie d’Algesiras, au milieu des cargos, un groupe de dauphins à ventre blanc, paresse. 3 h plus tard, nous posons l’ancre à l’entrée du port de Tarifa. L’île qui porte le même nom, reliée à la terre ferme par une jetée, sert de limite entre la Méditerranée et l’Océan. L’une, marine et turquoise, l’autre, gris vert frangé de blanc. La ville possède son centre historique, sa forteresse et ses remparts. Elle est bien sympathique. Le mouillage, par contre, est secoué toutes les demies-heure par les bateaux rapides qui font la liaison avec Tanger.

Vendredi 8

Nous repartons. Je vais mieux et reste confortablement installée dans le cockpit, les reins bien au chaud. Tout est calme. Nous avons pris une route très au large pour éviter des hauts-fonds. Mais, tout à coup, la mer est coupée par une barre d’écume blanche. Je prends la barre, Gilles fonce voir les cartes. Il y a plus de vingt mètres de fond devant nous. La houle grossit. Notre vitesse passe subitement de 6 nœuds à 9. Ça déferle un peu de partout, mais pas méchant. Par moment la surface est plate et lisse, puis ça bouillonne et tourbillonne. L’instant d’après, la mer est hérissée de petites vagues pointues, comme sur un gâteau meringué. Le bateau fonce au milieu de tout ce désordre, poussé par le courant. Gilles a l’œil rivé sur l’ordi, moi sur la mer. Nous passons, abasourdis par ce spectacle d’un nouveau genre. C’est l’Atlantique ! Tout redevient normal jusqu’à Barbate, où nous trouvons une place au port. Gilles se rase…

Des moustiques et des singes

Mercredi 6

Nous nous sommes battus toute la nuit avec les moustiques et en avons tués une trentaine. Au matin, ils sont toujours aussi nombreux et nous, épuisés. Une odeur d’égout flotte autour du bateau. Mais qu’importe ! Aujourd’hui Gibraltar nous attend. D’un pas décidé nous nous dirigeons vers la frontière et montrons patte blanche. Un vendeur de circuits touristiques nous accroche et nous nous retrouvons assis dans un taxi pour 9, en route pour les hauteurs. Première halte pour la vue superbe : la méditerranée, l’atlantique, l’Espagne, le Maroc et la baie d’Algesiras. La route minuscule continue à grimper … Deuxième arrêt à la grotte de St Michael. Agréable surprise, elle est grandiose. L’entrée a été aménagée en auditorium et la voute est toute sculptée de draperies, colonnes et cascades de stalactites. L’éclairage est discret et les concrétions monumentales. Elle a été aménagée en hôpital pendant la guerre. Bref, c’est une visite qui nous impressionne. Le troisième arrêt nous dépose sur l’arête du caillou. Les deux cotés sont vertigineux et une colonie de singes nous attend, prête à poser pour la photo. Ils ne sont pas loin de 200 à vivre ici, réparti en cinq familles. Le 4° arrêt nous permet de visiter une partie des galeries creusées par les Anglais pendant le siège de 1779 et qui dura trois ans. Dans chaque ouverture, un canon pointe son nez. Le taxi nous dépose enfin en centre ville où il n’y a rien de particulier à voir, si ce n’est, les Anglais eux mêmes. Gibraltar était autrefois une île. Sur la bande de terre qui la relie maintenant à l’Espagne se trouve l’aéroport. La route traverse la piste d’atterrissage et la circulation est arrêtée le temps que les avions décollent. Inutile de dire que les embouteillages sont permanents. Nous passons à pied sans croiser d’avion et achetons au retour une grosse bombe anti-moustique, parfum lavande.

Gibraltar

Lundi 4

Nous grignotons la carte d’Espagne à dose homéopathique. Au loin se profile Gibraltar et l’Afrique. Cela fait au moins 10 jours que nous avons le vent et la houle de face. Des Allemands sur un voilier bien plus grand que le notre, ont essayé de passer cette nuit le détroit et ont du renoncer. Mauvaise nouvelle ; les ports d’ici ne baissent leurs tarifs qu’à partir du 1° novembre ! Nous payons donc 30 €  et pour ce prix, avons une bouteille de vin rouge offerte !

Mardi 5

Il fait beau. Nous avions prévu de faire reremplir la bouteille de gaz, tant pis, nous partons. La mer est très calme. Nous évitons au dernier moment des filets flottants qui nous barrent la route et devons faire un grand détour pour les contourner. Gibraltar se précise. Moi, je croyais que c’était tout plat des deux cotés avec juste une colline au bout. Pas du tout… Le rocher fait 400 m de haut et fait face aux montagnes marocaines. 14 km séparent les deux continents.  Nous avons hissé le pavillon bleu que vous nous avez offert le jour du baptême, et c’est avec vous tous que nous franchissons le fameux cap. Nous sommes émus et contents d’être arrivés jusque-là. Dans la baie d’Algesiras nous trouvons le mouillage recommandé par les copains. Notre ballade à terre est un peu décevante. C’est la zone, H L M, parc abandonné, personnages bizarres, nous ne devons pas être au bon endroit !