novembre 2010

Le bateau : Jiloumé - OUTRE-MER 33

Architectes Michel JOUBERT - Bernard NIVELT
Constructeur chantier naval META (Tarare) strongal

Longueur hors tout : 10,27 m
Largeur hors tout : 3,20 m
Tirant d’eau : 1,20 m
Poids maxi en charge : 6800 kg

Aménageurs : Gilbert et Josiane Thollet

 

Lire la suite ...


(Cliquer pour agrandir)

Josy rentre voir sa maman fatiguée

23 novembre

J’achète un billet d’avion pour aller voir ma mère dont la santé et le moral sont aux plus bas.

24 novembre

RAS. Je prépare mon sac pour demain.

25 novembre

Le réveil sonne à 6h30. A 7h15 nous quittons le bateau. Toutes les issues du port sont fermées, elles ouvrent à 8h, mais nous avons repéré hier qu’il suffisait d’enjamber une barrière pour accéder aux escaliers menant à la voie publique. Pas de problème jusque là. Mais voilà… en haut la passerelle à été enlevé. Impossible de sauter. Les murs font trois mètres de haut. La jetée est protégée par un solide grillage décoré de fil de fer barbelé. Panique… Nous sommes pris au piège… Le bus passe à 8h04 à 20 mn de là. J’avise dans un coin sombre une vague table en plastique adossée au mur. Gil essaye de l’escalader, mais elle plie dangereusement. Je tente ma chance. Plus légère (et plus souple !) je parviens à me hisser jusqu’à la barrière supérieur. Ouf ! J’ai 58 ans aujourd’hui et je suis encore obligé de faire le pitre à escalader des murs !!! Sans mon sac à dos, Gil me rejoint facilement. Au pas de course nous fonçons vers l’arrêt de bus. Il n’y en a qu’un par heure, mais nous sommes encore en avance bien que nous constatons que le portable de Gil retarde de quinze minutes. Voilà maintenant nous attendons à l’aéroport et j’écris pour passer le temps. Ce soir Genève et Myrtille qui m’attend. Je reviens le 6 décembre et j’espère que Gil va prendre le relais pour le blog ?

Je (Gil) retourne au bateau et m’attaque à la longue liste des travaux pour préparer la traversée prochaine de l’atlantique. Josy m’a envoyé un SMS (le premier, je suis vraiment un bon professeur). Elle me manque déjà…

Départ de l'ARC

Dimanche 21

Aujourd’hui, c’est le départ de l’A R C (Atlantic Rally for Crusers). 39 nationalités différentes. Fanfare, musique et foule ont envahi le port et la jetée. C’est la fête. Les voiliers défilent devant la capitainerie, encouragés par  les supporters et le speaker local qui s’époumone quand passe un bateau espagnol. Les appareils photos crépitent et les gouttes d’eau aussi ! Mais tout le monde reste stoïque, ici la pluie ne dure guère. Pendant plus de deux heures un flot de bateaux s’écoule du port et va s’épandre sur la mer jusqu'à la recouvrir. Moi, ça me donne envie de pleurer ces départs, à moins que ce ne soit la beauté du spectacle ! Les plus gros ont tout un équipage de solides gaillards en uniforme. Les Français rencontrés à Graciosa avec leurs 4 enfants, font parti du lot. Nous les saluons au passage. Quand les derniers quittent le port, nous allons voir, de loin, le départ qui se déroule plus au large. Hélicoptères, jets d’eau, coups de canon. Et les bateaux au loin s’en vont, leurs spis de couleur brillants sous le soleil revenu. Ça va leur faire drôle maintenant d’être seuls … Au retour, par hasard, nous retrouvons nos Allemands Suzi et Ingolf. Embrassades et rigolades. On ne se comprend pas mieux mais on est contents de se revoir. Devant une bière, bien sûr !!!

Lundi 22

Rien de bien folichon ! Trois heures de queue pour accéder à la capitainerie et avoir une place au port. Cela permet quand même de faire connaissance avec des Français sympas qui me prêtent leurs lunettes et amènent l’apéro. Il y a des gens civilisés dans ce monde sauvage ! Le baromètre baisse, du mauvais temps est annoncé pour la fin de semaine.

Petits mollets

Vendredi 19

Visite de la ville. Nous musclons nos petits mollets !

Samedi 20

Nous commençons à bien nous repérer, mais la ville manque d’attraits. Nous longeons l’immense plage de Las Canteras, très touristique, dont une partie est réservée aux surfeurs. C’est toujours un plaisir de les voir chevaucher sur le dos des vagues. Dans un grand centre commercial, pour remplacer ceux qui ont étés volés, nous achetons des maillots de bain. Ce n’est pas si simple, toutes les vitrines sont occupées par des vêtements d’hiver, pulls en laine, cols roulés, manteaux… Il fait quand même 30° !!! Nous allons de suite les essayer. Le mien est rose fluo, orange et blanc. Un délice ce bain !

A bientôt les copains

Jeudi 18

Le ciel est toujours gris mais il fait plus doux. Nous débarquons en deux fois bagages et passagers. Pour plus de suspens Gilles nous refait le coup de la panne de moteur avec l’annexe, mais tout s’arrange. Nous attendons le bus ensemble et les voilà partis pour l’aéroport. Séjour trop court à notre gout et un peu gâché par notre mésaventure à Lanzarote. Il faudra revenir… Sur notre lancée, visite du musée de Christophe Colomb. Dans une cour, deux perroquets se bécotent. Nous rencontrons un homme passionné par cette île où il vit depuis 8 ans. Il a écrit un bouquin sur les Guanches (anciens habitants de ces lieux) et nous parlent de leurs traditions, de leur histoire, des légendes et des sites qu’il ne faut pas manquer d’aller voir. D’après lui, 1an suffit à peine pour avoir une vue d’ensemble. Nous pourrions l’écouter des heures, mais sa femme s’impatiente. Dommage… Passage obligé par la cathédrale… Entre autres curiosités religieuses j’ai déjà vu une vierge au sein nu allaitant l’enfant Jésus, un ange mâle impudique, un Christ en croix, affublé d’une grande perruque lui descendant jusqu’au nombril, et là, un autre avec jupette et petit jupon à dentelle !!! Sur la jetée une vingtaine de chats se prélassent au soleil. Retour au bateau qui nous parait bien vide.

Gran Canaria

Lundi 15

Nous avons des décisions à prendre. Christiane n’a plus qu’une photocopie de sa carte d’identité et sera refoulée à l’aéroport. Il faut donc aller au consulat de France à Las Palmas de Crand Canaria. Or, pour corser l’affaire, l’A R C (course qui rassemble 260 voiliers partant pour les Antilles) remplit le port. Ou aller, que faire ?

Mardi 16, mercredi 17

10h30. Nous partons d’abord au moteur puis nous hissons les voiles. La houle est toujours grosse. Nous avançons bien, mais cela brasse beaucoup. La mer se hérisse, le vent souffle en rafales. Prenons un ris. A la tombée du jour Michel veut remonter la ligne, ça tire fort… Alerte sur Jiloumé… Gilles met le harnais, on prépare le sceau, les appareils photos, la poêle… Dorade ou thon ? Suspens … Drôle de poisson… Il a une poche ventrale blanche toute dégonflée, l’œil noir et semble déjà bien fatigué. Peut-être pique t’il ? Nous décidons de le remettre a l’eau mais, impossible de décrocher l’hameçon. Michel fait de son mieux bientôt aidé par Gilles. L’opération est longue et pénible pour tout le monde, la bête est plus morte que vive quand nous la remettons à l’eau. Nous sommes tout dépités et confus de l’avoir fait souffrir pour rien. Michel ne tarde pas à vomir, je ne suis pas en forme. Pendant mon quart de nuit, c’est moi qui rend à la mer la moitié de pomme et les quelques amandes si laborieusement ingurgitées. J’en ai marre, ça bouge trop, seule la position allongée m’est supportable. Le vent tombe, la mer reste chaotique. Vers 8h, ensommeillés et nauséeux (pour la moitié de l’équipage), nous ancrons derrière le port. La ville est bruyante et les voitures nous asphyxient. Le contraste est trop brutal. Le consulat trouvé, le problème de Cri-cri est résolu avec quelques coups de tampons. Nous n’aurons plus de sans-papier à bord ! Sieste. Préparation des bagages, soupe, et pour eux, dernière nuit à bord.

Comme des bleus

Dimanche 14

La journée commence sous le soleil. Avec notre petite voiture, nous filons voir les salinas puis les coulées de laves qui se sont arrêtées dans la mer formant falaises et grottes aux formes tourmentées. Nous sommes à 20 ou 30 m de la voiture en contrebas, cherchant de l’olivine dans les roches noires. Soudain, un cri de CriCri nous fait relever la tête, « ils ont tout pris, le coffre est vide, on nous a tout volé ». Elle est hors d’elle, nous sommes plus lents à réagir. Le constat est vite fait, la voiture est entièrement vide. Il a fallu moins de 5 mn aux voleurs pour s’emparer des sacs à dos. Nous n’avions pas fermé les portes à clé et Christiane exceptionnellement n’avait pas pris son sac. Résultats : les porte-feuilles de Gilles et de Cri Cri avec leurs papiers + 150 € se sont volatilisés. La cata !!! Le groupe se sépare. Gilles et Christiane, du bateau, essaient de faire opposition sur les cartes bancaires et de bloquer le portable de CriCri. Michel et moi allons faire la déclaration de vol à la Guardia Civil. Le jeune policier qui nous interroge n’est pas content du tout, il regardait le grand prix de formule 1. Il voudrait que l’on revienne dans l’après midi avec un interprète. Son collègue plus compréhensif et plus calme, fait l’effort de parler lentement. Deux heures plus tard après avoir beaucoup sué, nous signons enfin une déclaration qui, nous l’espérons, n’est pas trop loin de la réalité. Pendant ce temps, l’autre équipe a réussi à résoudre le problème des cartes bancaires. Il faut l’intervention efficace de Charlotte pour que le téléphone des Basset soit enfin bloqué. Ouf. Nous n’en revenons encore pas de nous être fait avoir comme des bleus. A 4, la vigilance se relâche, on compte sur les autres et notre naïveté a pris le pas sur notre vigilance. Dur rappel à la réalité, il n’y a pas de pays sans voleurs ! Il est déjà 17h, Nous reprenons la voiture pour faire le chemin du matin, cherchant dans toutes les poubelles, des traces de nos affaires. Mais bien sûr, rien ! Nous continuons jusqu’au magique lac vert et traversons des km de laves noires, sur lesquelles sombre le soleil. Dure journée !.....

Au centre de la terre

Samedi 13

Nous louons une voiture pour deux jours. En 1730, une éruption qui va durer six ans ébranle Lanzarote. En 1824, un nouveau volcan surgit. Des zones lunaires, des cratères et des champs de laves recouvrent l’ile. Dans la vallée de la Geria, les paysans ont creusé le sol pour planter des ceps de vigne qu’ils protègent du vent à l’aide de murets semi-circulaires. La couche de lapilli retient l’humidité de l’air ; on appelle cela une culture sèche. Curieux paysages et fantastique volonté des hommes qui s’accrochent pour rester sur ces terres inhospitalières. La vendange ne doit pas être facile ! Nous sommes époustouflés devant ce travail de fourmi qui refaçonne un paysage que la lave avait défiguré. C’est la plus belle découverte de la journée ! Du haut d’une falaise, à la pointe nord de l’ile, nous contemplons Grasiosa quittée depuis peu. Visite d’un marché artisanal, de quelques villages, puis de la Cueva del Verdes. C’est un vaste tunnel de lave de 6 km de long, qui s’enfonce jusqu’à la mer. Très impressionnant… Pendant la visite, notre guide nous conseille la prudence car nous allons longer un gouffre. Il demande le silence pour que l’on entende bien l’écho de la pierre qu’il va jeter au fond. Tout le monde se tait, contemplant la cavité béante qui s’ouvre à nos pieds, éclairée par quelques judicieuses lumières. L’homme lance sa pierre qui éclabousse un lac peu profond où se reflétait la voûte au dessus de nous. Nous nous sommes tous fait avoir ! Illusion d’optique, mirage d’un monde à l’envers, désorientation des sens. Voyage au centre de la terre. Notre dernière étape passe par le jardin de cactus créé par César Manrique. Etonnant…

Lanzarote

Jeudi 11

La nuit a été un tant soit peu houleuse. Je me réveille en criant « Lanzarote » ! Et à 9h30 nous levons l’ancre. 1h plus tard, bien sûr le vent est complètement tombé. La houle est énorme et longue. C’est étrange, ces collines qui avancent toutes seules, nous soulèvent et continuent leur chemin pour aller se fracasser sur la côte. Elles font bien 4 m de haut et bouchent l’horizon. Ça me rappelle une BD de Fred. Christiane fait sauter des petites patates à la poêle avec quelques oignons et l’odeur évoque d’autres temps et d’autres lieux. Lanzarote fait 60 km de long et c’est un spectacle géologique étonnant, avec falaises, volcans et coulées de lave qui déversent leurs fleuves noirs jusqu’à la mer. Nous atteignons la Marina Rubicon vers 17h. Surprise, au lieu d’un petit port perdu, nous trouvons une belle station touristique, propre et accueillante avec piscine à volonté, mini golf, bowling, etc. Nous savourons quelques crêpes à « la bonne marmite » et une nuit sans la moindre oscillation, ni le plus petit bruit. Des vacances quoi !

Vendredi 12

Lessive, internet, courses, ménage… comme à la maison ! L’eau de la piscine est à 18°, on verra plus tard !

Sur le dos du volcan

Mardi 9

Joli mouillage avec une douzaine de bateaux pour la plupart anglais ou américains, 2 canadiens et un australien. Gilles saute à l’eau (froide) pour se laver, nous hésitons encore…. l’odeur n’est pas si forte ! Il fait gris, nous attendons une éclaircie pour aller à terre. Magnifique balade sur le dos d’un volcan. Très rare végétation rabougrie. Pas de terre, le sol est de sable ou de roches volcaniques. Noir, rouge ou ocre, le paysage est sauvage, balayé par les vents. Retour à la plage où tous les équipages anglophones se retrouvent pour l’apéro. Nous faisons timidement connaissance. Cri cri prend son bain de mer.

Mercredi 10

Cette fois ci, c’est moi qui courageusement saute à l’eau pour un décrassage. Très tonique ! Tempête dans le golf de Gascogne, houle de 5 à 6 m annoncée. Nous sommes heureusement à l’abri dans notre petit mouillage et, sereins, partons pour le village. Désolée pour vous, le cyber café local ferme le mercredi. Nous nous rabattons sur le petit resto face au port, Michel en profite pour prendre enfin une douche à l’eau douce….quelle chochotte ! Longue promenade vers le nord. Sur une plage, des scories roulées ressemblent à des boules de pétanque. Les vagues éclatent en blanche écume sur les roches noires du volcan. Nous rentrons à la nuit. Pas de moustiques ici, trop sec !