décembre 2010

Pierr'o et Catherine arrivent

Mardi 21

Tout au fond du port, dans un coin pas possible, qu’il a fallu chercher une heure durant, le bateau en provenance de Tenerife arrive enfin. A bord, Catherine et Pierro en anorak, nous font des grands signes auxquelles nos voisins répondent, pensant qu’ils leurs sont destinés. Maintenant les voilà, enthousiastes et impatients de prendre la mer. L’après midi, ils troquent leurs doudounes pour des maillots et savourent leur premier bain en Atlantique. La nuit est calme et le lendemain, on les a déjà mis au boulot ; rangement, lessive, nettoyage du pont, corvée de gas-oil … moussaillons à plein temps ! Le soir, nous parlons avec Emeric sur skype. Il nous joue de la trompète en direct de Bruxelles et nous faisons un cyber concert à trois. Grand moment… Ce matin, dernières courses…Les futurs aventuriers visitent le marché avec un sac d’une quinzaine de kilos sur le dos, plein de fruits et légumes. C’est très pittoresque ! Tout semble tenir dans notre petit bateau qui arbore de scintillantes décorations de Noël. Demain c’est le grand départ. Plus de nouvelles pendant un mois…il va falloir être patient ! En attendant, JOYEUX NOEL à tous et BONNE ANNEE !

La véritable histoire du père Noël

Pour notre fille Myrtille qui nous l’a demandée, et pour la lire à tous nos neveux et nièces le jour de Noël.

La véritable histoire du Père Noel

Il était une fois…. dans un lointain pays, là-bas, tout au nord, une forêt profonde que nul humain n’avait jamais visitée. C’était la forêt des fées… Elles vivaient là, tranquilles, dans la joie et la sérénité, à l’abri des arbres centenaires. Les plus jeunes n’avaient pas le droit de quitter la protection du grand bois car leur inexpérience les aurait mises en danger. Mais, vous savez comment est la jeunesse… intrépide et curieuse. Aussi, un beau jour, trois amies, Nolda, Oélie et Eliame, plus téméraires que les autres, s’aventurèrent à l’orée de la forêt. Elles n’étaient pas très rassurées, d’autant plus que de drôles de bruits, ressemblant à des miaulements, s’élevaient d’un proche fourré. Les trois petites curieuses, tenant leurs baguettes tremblotantes devant elles et se poussant mutuellement pour se donner du courage, découvrirent, avec stupéfaction, une caisse de bois dans laquelle s’époumonait un nourrisson. Il était emmailloté d’une vielle couverture rouge et ses larmes émurent, au plus profond d’elles même, nos trois demoiselles. Mais que faire ? Le laisser là reviendrait à le condamner à mort, le rapporter serait avouer la désobéissance. N’écoutant que leur bon cœur, les jeunes fées emportèrent dans leurs bras l’enfant affamé. Ce fut un vrai chambardement dans la vie  jusque là si tranquille de la forêt. La reine se mis très en colère. Les inconscientes furent sévèrement punies. On convoqua l’assemblée des anciennes, mais voilà… même les moins tendres fondaient devant les gazouillis de l’enfançon. Impossible de l’abandonner de nouveau… Après maints conciliabules, on finit par décider que le petit homme pourrait rester dans le bois des fées  jusqu'à l’âge de vingt ans, mais pas un jour de plus. En attendant, il fallait lui trouver un nom ! Sur le conseil de la plus sage, on mélangea les premières lettres des prénoms des trois jeunes fées qui l’avaient sauvé, et ainsi, Noel put grandir au milieu de ses bienfaitrices, comblé d’amour, de joie et d’attention... Avec le temps, il devint un beau garçon, et c’est avec nostalgie que les fées virent pousser les premiers poils sur son menton. Bientôt sa voix devint bizarre et il ne put plus chanter avec les petits oiseaux. Le jour de ses vingt ans,  Noel quitta donc la forêt de son enfance, accompagné par toutes les fées en pleurs. En cadeaux d’adieu elles lui offrir des vêtements, des outils, des graines, de la nourriture, deux rennes et tout ce dont il allait avoir besoin pour sa nouvelle vie.

Les premiers temps furent difficiles, ses amies lui manquaient, mais Noel n’était pas du genre à se laisser abattre. Il eut tôt fait de se construire une chaumière, de retourner un bout de terrain pour son  jardin et de couper une bonne provision de bois pour l’hiver. Quand tout fut en ordre il partit avec ses rennes explorer les alentours. Ce qu’il vit ne lui plu guère ! Les gens semblaient tristes et fatigués, les enfants ne riaient pas, les voisins se querellaient, c’était la misère… Noel rentra chez lui découragé et triste. Assis sur un banc devant la porte de sa cabane, il réfléchit. Pendant toute une semaine il tourna en rond les mains dans le dos, l’air soucieux, puis soudain, saisit ses outils et se mit au travail.

L’automne se parait de ses plus belles couleurs, les écureuils cachaient soigneusement leurs noisettes, quelques feuilles commençaient à tomber, mais c’est à peine si Noel s’en apercevait. Sa chaumière résonnait du bruit de la scie, des coups de marteau et de grincements bizarres. Même les rennes devant la porte n’en pouvaient plus. Quand les premiers flocons commencèrent à tomber et que les jours devinrent plus courts, il se bricola un traineau et fixa un grand sac à l’arrière. Par une nuit scintillante d’étoiles, Noel attela ses rennes étonnés et, riant de bonheur, glissa sur la neige immaculée, jusqu’au plus proche village, livrer sa cargaison de cadeaux…

Quand, au petit matin, les enfants découvrirent devant la porte de leur masure les jouets qui leur étaient destinés, c’est le village tout entier qui retentit de rires et de cris de joie. Personne ne travailla ce jour là, ce fut une fête mémorable. Les voisins se mirent à parler entre eux cherchant l’auteur de cette surprise, les mamans firent des gâteaux pour fêter l’événement, chacun mit ses plus beaux atours et l’on dansa toute la nuit. Noel qui regardait cela de loin, caché derrière un muret de pierres, en fut ému jusqu’aux larmes et se promis de recommencer l’année suivante. C’est exactement ce qu’il fit et continua à faire durant de longues années, améliorant sa technique et portant ses jouets de plus en plus loin. Vous pensez bien que les fées, qui le surveillaient discrètement, s’en réjouirent. Mais un jour, ne le voyant plus sortir de sa chaumière, elles commencèrent à s’inquiéter sérieusement. Nolda, Oelie et Eliame, qui maintenant pouvaient sortir quand elles le désiraient, furent envoyées aux nouvelles. S’approchant à pas de fées de la maisonnette, elles toquèrent à la porte, mais personne ne répondit. Elles pénétrèrent dans une pièce sombre qu’aucun feux ne venait réchauffer. Des copeaux de bois jonchaient le sol de terre battue et des outils trainaient, abandonnés sur l’établi. Une table, deux chaises et, dans un coin, un lit où gisait un vieillard. Elles eurent du mal à reconnaitre le père Noel tant il avait vieilli. Une barbe blanche lui cachait à demi le visage, des rides profondes sillonnaient son front, et ses joues amaigries avaient la pâleur de la neige. Il respirait à peine. Prisent de pitié, elles le hissèrent sur son traineau et prirent le chemin du bois. La reine, cette fois ci, ne les gronda pas et fut la première à lui prodiguer ses soins. Sous la protection des fées, toutes plus attentionnées les unes que les autres, le père Noel se rétablit bien vite. Il reprit de bonnes joues rouges et un petit ventre rond. Quelques coups de baguettes magiques suffirent pour lui faire une coquette maison avec un immense atelier. Lors d’une fête grandiose, donnée en son honneur, la reine lui accorda la vie éternelle à condition qu’il ne quitte la forêt que pour aller distribuer chaque année ses cadeaux… Depuis cette époque, le père Noel vit heureux au milieu de ses amies les fées qui l’aident efficacement pour la fabrication des jouets. Son troupeau de rennes s’est agrandit, il porte toujours des vêtements rouges en souvenir de la couverture qui l’avait protégé dans son berceau. Il est heureux et, quand il rit, toutes les étoiles scintillent dans le ciel… Il en sera ainsi tant que les enfants croiront encore à lui….

Vous voulez savoir qui m’a conté cette histoire ?

C’est la sirène Jadine,  rencontrée sur une île, cousine d’Omir, l’elfe des cocotiers à qui Yoda, le nain a chuchoté à l’oreille l’histoire qu’Espam, le farfadet lui avait racontée après l’avoir écoutée de la bouche même d’Ulbur, le gnome qui la tenait de Xalande, la fée qui connaissait personnellement le père NOEL.

On s'agite sur Jiloumé

Vendredi 17

Nous avons fait l’avitaillement du bateau à Carrefour avec livraison sur le ponton. Maintenant tout est rangé. Reste à acheter fruits et légumes au marché. Pour ces derniers Gilles doit encore fixer un filet dans la soute arrière. Nous avons aussi fait le plein de films sur l’ordinateur et j’ai reverni la barre. On s’agite sur Jiloumé…

Gran Canaria sud

Dimanche 12

Cette fois, c’est avec Caroline et Jean Luc que nous partons en direction du sud. Nous cherchons longtemps le site des « 4 puertas » et quand, de guerre lasse, nous abandonnons, nous le découvrons enfin. Lieu surprenant… Au sommet du rocher qui domine la plaine s’ouvrent quatre portes taillées dans le roc, lieu où siégeait le conseil des Guanches. La face Est de la montagne est criblée de grottes où étaient embaumés les morts et des signes étranges ornent la pierre. Les éperviers surveillent leur territoire, un gros lézard pose pour la photo et un petit cactus me sourit d’un air espiègle. La route du Sud n’offre aucun intérêt jusqu’à Maspalomas où les dunes de sable sont l’attraction principale. Malheureusement les touristes ont investi les lieux et l’on ne voit plus qu’eux. Nous quittons la mer pour Mogan. Un moulin restauré nous arrête quelques instants, et nous voilà face à la montagne. Un chemin goudronné qui se prend pour une route, part à l’assaut du ciel. Les virages sont si serrés qu’il faut les négocier au pas, aucune visibilité, des précipices effrayants, un paysage à couper le souffle. Tout juste si l’on ose regarder en bas. Gilles conduit héroïquement mais l’attention est générale. Enfin, quelques portions plates. La vue d’un lac au milieu des pins nous tranquillise et nous soufflons un peu. Les points de vue magnifiques se succèdent encore, puis c’est le retour sous un ciel qui s’assombrit. Nous rendrons la voiture demain à 8 h.

Pour maman

Gran Canaria de l'intérieur

Samedi 11

Cette fois, nous avons loué une voiture pour deux jours, en nous promettant bien de fermer les portes à clefs à la moindre halte. Juliette et Jackie, nos amis profs de gym, sont du voyage. Ça tombe bien, lui adore conduire sur les routes de montagne, et c’est justement là où nous avons décidé d’aller. Plein centre. Après avoir surplombés une caldera du haut d’un belvédère, halte au marché de San Matéo pour faire provision de denrées fraîches. Le paysage est changeant. A mon grand plaisir nous trouvons au milieu des cactées, à une certaine altitude des arbres bien de chez nous, comme  chênes, châtaignés splendides eucalyptus et … de l’herbe ! A la Cruz de Tejida, magnifiques paysages volcaniques ornés d’imposants pitons et de minuscules villages accrochés périlleusement aux flancs des falaises. Certains sont troglodytiques et les gens vivent encore dans ces grottes formées par la lave. Au Pico de las Nieves (sommet de 1980 m) le brouillard nous cache la vue, il fait froid et nous repartons après avoir acheté une bouteille d’Aloé Vera, spécialité de l’île. La route qui serpente au milieu des pins nous conduit à Teror et ses belles demeures à balcons de bois. Un majestueux araucaria préside sur la place de l’église et derrière un bâtiment éclairé m’intrigue. Curieuse, j’entre sur la pointe des pieds dans une cour où attendent des gens en habits folkloriques. Timidement je me renseigne ; c’est la maison de la culture et le groupe va tout à l’heure danser, chanter et raconter des histoires de Noël dans la vielle ville. Quand je demande, hésitante, à prendre une photo, tout le monde s’aligne pour la pose. Quelle gentillesse ! Comme nous ne pouvons pas rester jusqu'à la représentation ils font une ultime répétition et dansent dans le jardin aux roses, juste pour nous. Une femme nous détaille tout son costume (18°  siècle) et les dessous de celui de son mari. Nous sommes aux anges. Hélas, il faut rentrer et c’est sous de grosses gouttes de pluie que nous regagnions Las Palmas. La journée nous a paru trop courte !

Josy le retour

Mercredi 8 décembre

Et me voilà revenue à Las Palmas, après avoir affronté froid, neige, retard, grève etc... Je suis très contente d’avoir revue ma mère, la famille et les amis, mais la température ici me convient mieux : 30° aujourd’hui malgré de gros nuages. J’ai l’impression, comme dans un film de science-fixion, d’avoir glissé d’un monde parallèle à un autre. Tout est si différent ici que l’on doute presque d’une autre réalité. Je ne sais plus trop où est ma place. Dans le présent sans doute ! Gilles a bien avancé dans le bateau pendant mon absence. Le bimini s’est paré d’une nouvelle toile, la pompe de cale est installée, un tangon attend sur le pont et je passe sous silence tous les travaux techniques que seul un œil expert est à même d’apprécier. Le grand départ approche, le bateau doit être fin prêt.

PS : J’ai fait  des tas de bisous à Gil de la part de tout le monde.