avril 2011

Marigo Bay

Mardi 26

Pluie, vent, horizon bouché. Impossible de sortir. Les mouches ont envahi le bateau. Nous faisons provisions d’eau de pluie. Lessive, douche, Gilles se rase.

Mercredi 27

Il pleut toujours… Les prévisions météo ne nous laissent pas beaucoup d’espoir. Nous sommes coincés à Marigot Bay. Profitant d’un léger répit nous allons à terre nous dégourdir les jambes. Repas du soir sur Aspasia2

Gros Ilet

Dimanche 24

« Pluie du matin arrête net le marin

La marina est belle et bien équipée : Jardins, restaurants, gardes en uniforme, pelouse bien tondue. Nous voulons voir le village de Gros Ilet, tout à côté-. Là, c’est juste une rue défoncée, bordée de bicoques branlantes. Au bout, un ponton donne sur la mer. Devant notre air désemparé, un canadien bavard nous aborde. Il fait partie d’un groupe de noirs qui pique-nique sur la plage. On nous offre aussitôt à boire. Une femme, bâtie comme un ogre, décapsule d’un coup de dent une bouteille de bière qu’elle tend à Gilles. Elles m’impressionnent ces matrones qui font toutes le double de moi. Des enfants jouent avec un chien maigre appelé « welcome ». Sur le gril grésille des cuisses de poulet, les mouettes piaillent….. Dimanche à Ste Lucie.

Lundi 25

Nous profitons d’internet pour appeler famille et amis. Après un dernier bain nous levons l’ancre. Il nous faut faire pas mal de ronds dans l’eau avant de pouvoir réinitialiser le pilote. Enfin, William cesse ses bouderies et accepte de filer droit. Au bruit que font ses articulations je comprends qu’il  vieillit.  Soirée crêpes sur Jiloumé avec Susie et Ingolf

 

Castries

Vendredi 22

Prenons le bus pour Castries, la capitale. Je n’avais jamais vu de femme avec moustache et barbe, mais dans ces îles cela semble courant. Etonnant ! La ville est sale et vide, c’est férié aujourd’hui. Quelques hommes, complètement défoncés, gisent à même le sol, nous ne sommes pas très à l’aise dans ces rues brulantes et crasseuses. Un homme nous propose une balade en taxi pour un prix modéré. Pourquoi pas ? Notre guide et notre chauffeur parlent créole, nous avons du mal à comprendre, mais ils sont sympas. Ils disent : « y’en a tout patout » et quand ils sont contents, il faut cogner poing contre poing. La balade dure deux heures. Jolie vue sur Marigot Bay.

Samedi 23

Nous passons une partie de la matinée avec Susie et Ingolf. Ils descendent aussi vers le sud et veulent passer la saison des cyclones au Venezuela. Nous allons sans doute les revoir.

En route pour Sainte Lucie

Lundi 18

Enfin un jour sans pluie. Nous en profitons pour coller deux bouts de bois (Gilles appelle ça des fargues) de chaque côté du cockpit pour éviter que les vagues dégoulinent sur les bancs. « Petit à petit l’oiseau fait son nid ». Tu parles ! Au revoir à Christiane et Serge. Notre séjour en Martinique à été très agréable et riche en rencontre. Nous n’avons pas tout vu, il faut en garder un peu pour le retour !

Mardi 19

Formalités de sortie et dernières courses. Nous ancrons à Ste Anne et nettoyons la coque avec palmes masque et tuba. Les algues ont poussé, les coquillages sont fermement accrochés. Toute une faune et flore prospère la dessous. Le bateau se transforme en récif corallien ambulant. Le travail demande pas mal d’énergie, nous ressortons avec nos shorties tout piquetés de petites bestioles. Vu à travers la loupe ce sont des monstres semi-transparents dotés de 6 pattes, un corps à segment et terminé par un pique. Entre la crevette, l’asticot et le scorpion ! J’en ai peut être plein la tête !!!

Mercredi 20

Nous partons, la mer est calme, juste une grande respiration. Petit problème ; William, notre pilote se met en grève et refuse d’obéir. Il n’en fait qu’à sa tête. On ne peut plus compter sur le personnel, il avait pourtant toute notre considération, quel ingrat ! On ne retrouve pas un pilote fiable comme ça, au pied levé, surtout dans ces pays ! Espérons que mon mari saura régler le problème ! Heureusement, le dessalinisateur est revenu, lui, en bonne santé…    Après 5 h de barre nous arrivons à Ste Lucie, à Rodney baie exactement, en face de l’île Pigeon., où nous attendent les vendeurs de fruits. Repos !

Jeudi 21

Formalités d’entrée, quelques achats pour Jiloumé et…. Nous rencontrons nos amis allemands Susie et Ingolf qui sont ici depuis 4 semaines. Chaudes retrouvailles.

 

L'arbre à aigrettes

Dimanche 17

Nous attendions le vide grenier de dimanche avec curiosité, mais rien d’intéressant sinon un énorme lustre en cristal, mais bon…c’est pas le genre !      Nous passons saluer Khaya puis partons baguenauder dans la mangrove. Un arbre à aigrettes indique l’entrée d’un canal naturel qui s’enfonce sous les palétuviers. Nous sommes bientôt obligés de couper le moteur tant le passage se resserre. Les arbres laissent pendre en rideaux leurs racines pour nous empêcher de passer. Des crabes de toutes les couleurs s’enfuient devant nous. Les gros rouges ont un regard féroce. Des monstres invisibles serpentent à fleur d’eau ou éclaboussent bruyamment la surface d’une gerbe d’écume. Instinctivement nous avons baissé la voix, comme dans une cathédrale. Le ciel gris disparait entre les frondaisons, une forte odeur de décomposition nous donne l’impression de manquer d’air. Soudain, le vrombissement d’un insecte nous rappelle que l’heure des moustiques arrive. Nous rebroussons chemin et pagayons énergiquement. Nous l’avons échappé belle !

 

Gigot de 7h

Mardi 12

Pluie constante. En cherchant un voilier-voilerie de l’autre côté de la baie, nous retrouvons Khaya avec, à bord, la fille de J-Luc, son gendre et son petit fils. Ils vont rester au ponton un mois.

 

Mercredi 13 Jeudi 14

 

Il pleut encore, mes vieux os crient grâce !... Nous sommes invités ce soir, à Ste Luce, par Christiane et Serge. Leur appartement, au premier étage, possède une cuisine dont tout un mur est ouvert et donne sur la verdure. La pluie ne rentre pas de ce côté, mais les insectes et les oiseaux, eux, ne se gênent pas. Cela donne une ambiance très agréable. Serge nous a préparé un «gigot de 7h » qui régale nos palais, et une petite salade-lardons-chèvre chaud. Nous sommes gâtés ! Nous dormons chez eux et profitons de leur hospitalité pour prendre une douche et user de leur connexion internet. Nous découvrons Ste Luce, encadrée de jolies plages, avec son centre animé et gai, même sous la pluie qui recommence à tomber. Serge nous raccompagne au bateau et nous nous retrouvons sur la plage à boire un coup avec Pierre- Walter et Claire. Journée bien remplie, comme je les aime, ce changement de cadre de vie était très agréable et ces rencontres passionnantes

 

Vendredi 15 .Samedi 16

 

Rien de bien folichon. Nous courrons de droite à gauche pour trouver du matériel pour le bateau, faire l’avitaillement, le plein d’eau, de gaz oïl etc.… entre deux averses ou, juste dessous. Quand la pluie nous oblige à fermer les hublots, la température monte à 31° et nous commençons à avoir chaud. Impossible de se baigner ici, l’eau est trop polluée. Le mouillage est calme, Nous finissons nos journées en regardant un film.

 

 

Chaleur, gentillesse et amitié

Jeudi 7

Des cris, appels et sifflements nous font sortir du bateau. C’est l’équipage de Saï-saï qui arrive et nous salue avec enthousiasme. Nous passons les voir à l’heure du thé et papotons une bonne partie de l’après midi. Le soir, rendez vous sur C’Kool. Fanchon, ancienne championne de patinage artistique est institutrice. J-Pierre est prof chocolatier. Véronique enseigne la chimie, son fils Christophe fait des math et Olivier est instructeur de pilotage. Que de sujets de discutions ! Pour l’apéro ; œufs brouillés aux champignons et huile de truffe. Un régal ! Olivier propose à Gilles de lui montrer comment faire la révision du moteur. Incroyable ! Nous sommes ici dans un doux cocon, tissé de , il va être difficile de s’envoler.

Vendredi 8

A 10h précise Olivier arrive. Il a longtemps travaillé sur les moteurs d’avion, il est très méthodique, compétant et en plus pédagogue. Il découvre bientôt un point d’usure, un écrou manquant, un joint de trop sur le filtre à gas-oil. Autant de pannes potentielles. La révision dure 3h, mais il veut revenir demain pour débloquer le pré filtre qui est lui aussi très encrassé. Pour le remercier, n’ayant rien de mieux à offrir qu’un Pommard, nous invitons tout le monde à l’apéro du soir.

Samedi 9

10 h, le pré filtre est sorti et nettoyé. Jiloumé ronronne d’aise. Nous allons rigoler un dernier coup avec l’équipage de Saï Saï qui rentre cet après midi pour l’Europe. Gilles aide a faire le transport des bagages en annexe et la manœuvre d’ancre (guindeau en panne) A 19 h , avec les équipages de trois autres bateaux, nous partons à pied pour aller, à 3 km de là, au village de Petite Anse. Programme cinéma. Tout petit cinéma…Le plus vieux des Antilles. Il date de 1905 ! Les sièges sont rouges bien sûre, et le ventilateur tourne au plafond. Nous sommes venus à 9 et l’homme à tout faire nous remercie vivement de notre visite. Le film « Love et autres drogues » n’est pas mal non plus. Soirée qui ne manque pas de charme.

Dimanche 10

Adieu aux copains qui s’éparpillent dans toutes les directions, et à ce coin tranquille que nous avons aimé. Au près pendant 2h nous saluons de nouveau le rocher du diamant sous un ciel souris grise. A St Anne nous ancrons près d’Alliance qui nous invite mercredi soir chez eux. Tout est calme.

Lundi 11

Petit déjeuné à Paille Coco où l’accès internet est libre. Baignade et retour au Cul de sac du Marin. Nous partons à terre et la pluie se met à tomber… Il « drache ! » comme disent nos amis belges.

Fleur de lys et C’kool

Mercredi 6

Départ des Trois Ilets à midi. Nous profitons d’un bon vent et arrivons à 14h à Grande Anse d’Arlet. Nous retrouvons les amis belges de Fleur de lys et C’kool qui attendent toujours une pièce de moteur. Avec impatience nous partons en exploration sous marine. Comme la mer a été pas mal chahutée, elle charrie  alluvions et débris de toutes sortes. La visibilité est un peu moins bonne, mais les bancs de poissons encore plus nombreux. Nous passons d’un nuage à l’autre avec ravissement. Les jaunes rayés de noir sont partout, on dirait des papillons. Une tortue de taille modeste est en train de faire son marché, elle tourne autour de nous, bécotant par ci par là quelques proies à nos yeux invisibles. Placide, elle nous regarde avec indifférence. Elle vole, vire, s’éloigne, revient à deux mètres de nous, se laissant admirer sans crainte. Nous restons 20 minutes avec elle ; instants magiques ! Plus loin, 5 plongeurs évoluent à 4m en dessous de nous. Les nuages de bulles qui remontent à la surface brillent comme des cascades de diamants. Je me vautre dedans, essayant d’attraper les plus grosses, aveuglée par tant d’éclats, délicieusement chatouillée, légère et grisée par cette nouvelle sensation. Je ris à gorge fermée (tuba oblige). Mais Gilles continu, je le suis… Le seul inconvénient de cette balade, ce sont les petites méduses transparentes qui se promènent aussi. Elles piquent comme des orties mais la douleur s’estompe au bout de dix minutes.

Les trois ilets

Samedi 2

Après le petit déjeuné, balade sous-marine dans une autre partie de la baie. A midi nous levons l’ancre pour la poser 2 h plus loin aux Trois Ilets. L’arrivée nous donne quelques émotions car les hauts fonds ne sont pas indiqués et il y en a de partout. Le sondeur indique 1m, il faut se fier à la couleur de l’eau. Après détours et tâtonnements nous trouvons une place sans rien avoir touché, il s’en est fallu de peu !  Le village n’est pas très animé, tout le monde est à la messe. Gentiment, la boulangère nous prête un bottin, et même son téléphone, pour trouver un taxi pour le lendemain.    50 €  pour aller à l’aéroport ! Soirée calme à bord, la dernière pour nos amoureux.

Dimanche 3

En partant à terre nous en profitons pour saluer nos voisins. Yvette, avec ses enfants, s’est arrêtée ici  il y a 2 ans. Elle propose immédiatement d’emmener Laurence et Mathieu à l’aéroport ce soir. C’est fou ce que les gens sont sympas ! En attendant, Laurence voudrait aller voir la « savane des esclaves » à 4km de là. Nous sommes dimanche, il est midi, la chaleur est torride, la route grimpe dure, l’affaire se présente mal .Mais ce que femme enceinte veut, Dieu le veut ! Nous levons le pouce. Une dame qui partait dans la direction opposée, prise de pitié, nous emmène dans sa vielle voiture qui tousse et crachote sous l’effort. Nous voici arrivés, mais il faut attendre 14h la réouverture du site. A coté d’une vielle chapelle nous trouvons un peu d’ombre pour manger notre tomate, quiche et bout de gâteau. Des femmes arrivent à tour de rôle, parfois avec des enfants, pour s’enfermer, avec un homme étrange, dans une cabane où brillent quelques luminions. Sacristain ? Mage ? Guérisseur ? Mystère ! Nous les laissons à leur étrange commerce car il est l’heure de la visite. Sur une colline, qu’il a patiemment déboisée, un homme s’est appliqué à reconstruire des cases d’esclaves, telles qu’elles étaient à l’époque. Petit cours  d’histoire et de botanique. Les plantes médicinales ont une grande importance ici. Nous trouvons deux autres voitures pour nous ramener gracieusement aux 3 Ilets. A 17h les valises sont bouclées, à 18 h notre équipage nous quitte. Trop court !

Les jardins de Balata

Vendredi 1° avril

Nous louons une petite voiture jaune pour sillonner le nord de l’île. Première promenade dans les jardins de Balata. C’est un enchantement pour les sens ; fleurs exotiques, sentes parfumées, bassins ombragés, et surtout, balade à la cime des arbres sur des passerelles suspendues. La visite se termine par la maison créole de la grand-mère. La route se faufile ensuite entre les monts couverts de forêt primaire où poussent bambous et fougères arborescentes. Des ponts enjambent des ruisseaux qui se perdent sous la végétation. Le vert impose sa puissante odeur. Nous nous baignons à la cascade du « Saut du gendarme ». La douche est vivifiante et si forte qu’elle pique la peau et brule les oreilles. Repas en terrasse à Fond St Denis avec vue sur les pitons. Nous atteignons enfin St Pierre avec la montagne Pelée en arrière plan. La ville est morne et triste avec des ruines de maisons, un vestige de théâtre et le cachot du prisonnier survivant de l’éruption de 1902. Le retour nous semble long, beaucoup de circulation.