mai 2011

Petite vie tranquille

Samedi 28

Bon anniversaire ma fille, on pense très fort à toi ! Rien de bien nouveau par ici ; des petits riens qui finissent par faire des journées. Nous sommes à Prickly Bay, lieu de départ de notre périple antillais. Les avions passent toujours au dessus de nos têtes, nous rappelant le départ de Cath et Pierro. Un poisson trop curieux est venu me gouter un orteil quand j’étais sur l’échelle de bain. Une partie de carte  avec Susie et Ingolf. Internet, le marché aux épices, les courses. Soirée steel-band et jazz. Un rock effréné qui me laisse essoufflé pendant un quart d’heure. Le mouillage rouleur a fait tomber ma plante qui a perdu quelques branches (elle est en fleur depuis 5 mois !) Le temps est changeant. Nous rencontrons des français, Rosemonde et Marc, qui font tranquillement leur 3° tour du monde, ils sont, bien sûr, passionnants et pleins de bons conseils. Voilà pour notre petite vie tranquille.

Balade

Jeudi 19. 20

Voilà, la jonction entre le bimini et la capote est installée. C’est une bande de plastique transparente qui doit nous protéger de la pluie, surtout au mouillage. Nous fixons aussi une poignée au bord de la table à carte, pour pouvoir mieux nous tenir par mer agitée.

Samedi 21

Nous partons avec Sophie et Bruno (bateau Subarov) pour une ballade repérée sur la carte. Le bus ne va pas jusqu’au départ de l’itinéraire car, dit-il, il faut traverser le « bush ». Le mot nous impressionne un peu...Plus loin, on nous prévient que Le chemin n’est pas évident à trouver, il faut suivre l’itinéraire du bulldozer, puis tourner à gauche. De gros lézards s’enfuient devant nous, le chemin est en partie ombragé, nous rencontrons quelques chèvres. Jolies vues sur l’Atlantique. Nous profitons d’une plage accueillante et déserte pour un bain rafraichissant et un casse-croute mérité. En cherchant notre chemin qui en a profité pour disparaître, nous tombons sur les ruines d’un cimetière ensevelies sous la végétation. Quelques stèles résistent encore à l’attraction terrestre, sous l’étouffant ombrage des arbres nécrophages. Plus loin, un grand puis-citerne et un chemin qui longe un torrent à sec. Quelques marques orange sur les arbres, nous guide sur la sente abrupte qui escalade la colline. Nous les suivons attentivement de peur de nous perdre. Un long serpent noir file juste devant moi, je ne l’avais pas vu ! Une tortue terrestre pose diligemment pour les photos. Les arbres se tordent au dessus du lit de la rivière. Après quelques hésitations et retours en arrière, nous débouchons sur un nouveau cimetière beaucoup récent, puis enfin, sur des maisons et une route. Le premier homme rencontré nous montre sur la carte l’endroit où nous nous trouvons (évidemment très loin de celui où nous pensions être) et nous emmène dans sa voiture jusqu'à Hillsborough. Cette superbe balade n’a durée que 4h, mais par plus de 30°, c’est tout de même fatigant ! Mais la mer est là pour nous rafraîchir…

Dimanche 22

Départ 7 h. La mer est belle, le vent pousse. Nous naviguons de concert avec Astasia. Six heures plus tard, nous mouillons dans la baie de St George, à Grenade, et sautons vite à l’eau. Susie et Ingolf viennent boire leurs bières et manger la pizza chez nous. Le soleil nous quitte ce soir sur un dernier rayon vert. Que du bonheur…

Coquillages et crustacés

Dimanche 15, 16, 17, 18

Une ou deux heures par jour nous allons, avec palmes masque et tuba, nettoyer la coque. C’est un travail fatigant qui nous assure un bon sommeil. L’herbe commence à disparaitre mais il reste les coquillages, Gillles travaille ses apnées, moi je muscle mes petits bras. Nous bricolons aussi à l’intérieur, essayons de mettre de l’ordre dans le paquet de nouilles électriques qui encombre la table à carte. Nous profitons de la connexion internet pour parler avec toute la famille. A  la voilerie du coin nous commandons une jonction pour mettre entre le bimini et la capote. Jiloumé devient de plus en plus confortable. Pas d’amateur pour le tester de Grenade à Curacao ?

Belle traversée

Mardi 10  mercredi 11

Union : Le mouillage est bien abrité derrière une barrière de corail, le village est coloré et tranquille. Dans un restaurant nous rencontrons un allemand, né en Afrique, qui vit ici depuis 10 ans. Il parle 7 ou 8 langues et nous raconte ses bourlingages à travers le monde. De quoi écrire un livre ! Nous sommes ensuite invités pour l’apéro sur Suvarov, bateau français. Ces jeunes bretons hésitent sur la route à suivre pour aller à Panama. Echange d’adresses mail, ils nous rejoindrons peut être à Grenade. C’est la saison des mangues et nous en profitons !

Jeudi 12

Belle traversée sous voiles pour rejoindre Carriacou. Le bateau se manie comme un dériveur, il fonce à  6 ou 7 nœuds sur cette mer presque plate. Belle sensation, Gilles est ravi !

Vendredi 13

Courses et douane à Hillsborough. C’est agréable de repasser par les mêmes endroits, on se sent chez soi, on prend déjà des habitudes. Le soir nous allons écouter le stell band, nous sommes entourés d’allemands, la communication est difficile. Au moment de reprendre l’annexe, nous constatons qu’une pagaie a disparue. Elles sont pourtant vissées sur l’annexe, c’est difficilement compréhensible !

Jeudi 14

Le petit déjeuner pris, nous retournons au ponton des annexes, parcourons attentivement toute la longueur de la plage, allons voir le patron du chantier au bout de la baie. Peine perdue, nous rentrons bredouille et déçus ! Une heure plus tard, le même homme, nous ramène à domicile notre pagaie. Un français la trouvée ce matin, flottant près de la plage, non loin du chantier et la lui a amenée. Sympa !!! Ingolf, avec sa perceuse sans fil,  vient nous aider à fixer des poignées dans le roof pour pouvoir se tenir quand la mer chahute trop. C’est un plus pour les prochains quarts de nuit. A la tombée du jour nous invitons Samuel, notre découvreur de pagaie, à boire une bière chez nous. Il est bourguignon, navigue sur un petit bateau, s’est fait voler son annexe et est à cours d’eau potable. Nous le dépannons de 5 litres.

Tobago cays

Samedi 7

Aux Tobago Cays, la magie opère toujours. Les bleus et les verts renaissent ici chaque matin pour réinventer, inlassablement, des nuances inimitables. Quand le soleil s’en mêle, c’est l’apothéose, on voit vibrer les couleurs. Sous l’eau, le spectacle continu et nous passons au moins 4 h par jour à fureter au milieu du corail. De petits requins se cachent sous les rochers (1m50, 2m) sans doute des requins dormeurs ! Je fais quelques photos, mais l’appareil n’est pas numérique, je ne peux pas vous les envoyer (avis aux généreux sponsors !)

Dimanche 8

Deux merles s’invitent à déjeuner… Arrivés quelques minutes après nos copains sur la bouée où l’on amarre les annexes, nous voyons surgir de l’eau Susie qui remonte en toute hâte, suivie d’Ingolf peu fier. Avec forts gestes, ils nous font comprendre qu’ils viennent de rencontrer un requin de 3m de long. Susie a eu très très peur et est encore toute blanche. Moi qui avais déjà une palme dans l’eau, je la retire prudemment. «  Y va-t-on ? Y va-t-on pas ? » Si les requins étaient agressifs ici, il me semble que cela se saurait ! Susie parait très choquée, elle vient juste de découvrir les joies de la plongée ! Nous la ramenons au bateau. Pendant qu’avec Gilles nous explorons un autre coin plus éloigné, elle nous fait cuire un pain. Quel régal !...J’échange une dizaine de livres avec des québécois. Pourquoi ne fait on pas cela chez nous ?

Lundi 9

Susie revient plonger avec nous. Les tortues, les raies, les gorgones géantes, lui font  oublier ses frayeurs. Nous changeons de coin, allons à terre voir les iguanes. L’après midi, derrière le récif, nous rencontrons de nouveau des requins ; magnifiques ! Susie remonte sur l’annexe … Apéro sur la plage.

Alerte rouge

Mardi 3

Allons à terre faire quelques courses. En sortant du cyber café, un rideau de pluie nous stop net. Pour patienter nous allons manger une pizza juste à côté. Mais, sous le toit de tôle percée, la pluie nous chasse encore. Nous atterrissons dans un 3°café, un peu plus étanche, et attendons. Le filet d’eau qui croupissait ce matin sous le petit pont, s’est transformé en torrent furieux. La mer de turquoise est devenue ocre et charrie toutes sortes d’épaves. Nous n’avons plus soif depuis longtemps, mais la pluie ne faiblit pas. Il faut cependant rentrer avant la nuit, les annexes sont remplies à moitié, le moteur d’Ingolf ne démarre plus. L’important est de protéger le sac où se trouve l’ordi. Pour nous c’est trop tard ! Avec toute l’eau qu’elle avale j’ai l’impression que la mer va déborder. Mercredi 4 1h d’accalmie durant la journée. La pluie s’essouffle le soir. Jeudi 5 Départ à 10 h pour Canouan. Navigation tranquille. La mer est calme, le ciel gris n’est pas menaçant. Arrivée à 15 h, sous le soleil exactement… A l’eau, vite ! Aspasia vient nous rejoindre. Nous apprécions ce voyage à deux bateaux, c’est rassurant et le plaisir compte double. Vendredi 6 Lors de notre bain matinal, Susie et Ingolf nous offre un pain de leur fabrication. Une barque de pêcheurs fonce droit sur nous pour nous vendre des langoustes. Mais depuis le 1° mai la pêche en est interdite. Nous refusons, (c’est dur d’avoir des principes !) et nous rabattons sur 3 beaux poissons rouges. Longue baignade, il fait enfin beau, avec toutefois de bonnes rafales de vent.

Wallilabu

Samedi 30

Le soleil revient timidement, accompagné d’un cortège d’arcs- en- ciel. Nous en profitons pour aller prendre une douche sous la cascade du coin. Le massage est tonique, la nature est belle. Nous piqueniquons sous les grands arbres et observons le manège des lézards verts et des oiseaux- mouches. Promenade tranquille. L’après midi nous emmenons Susie et Ingolf faire un tour sous l’eau. Ils naviguent depuis 4 ans, mais Susie n’a jamais trop voulu mettre masque et tuba. C’est une découverte pour elle. Elle est ravie. Schön ! Très belle journée de vacances !

Dimanche 1° mai

Nous attendons la fin d’une grosse averse pour partir. Wallilabu a été une belle surprise pour nous. Nous avions peur de nous arrêter à St Vincent, mais à tort. L’île est encore sauvage avec un relief tourmenté couvert d’une riche toison verte. Peu de bateaux s’arrêtent ici car les agressions étaient, paraît-il, fréquentes. C’est dommage ! Nous poursuivons notre route, sans vent, avec vent, avec beaucoup de vent (force7 dans la passe) Nous prenons des photos d’Aspasia qui  fait de même pour nous. Juste avant l’arrivée, un professionnel en annexe, vient nous tirer le portrait. Gilles est tout heureux de cette journée de voile. J’ai barré 4h, il a brassé de la toile, peaufiné les réglages et enchainé les manœuvres. Nous arrivons à Béquilla 15 minutes avant nos amis allemands. Ah ces hommes et leur esprit de compétition !

Lundi 2

Le photographe vient nous proposer ses clichés, ils sont beaux mais chères. Cédant à la tentation nous en prenons deux, que je m’empresse de photographier pour vous. Bernard va être content ! Petite fête sur la place, un orchestre de jeune joue du steel band, odeur de viande grillée, ambiance bon enfant. Un taxi nous emmène voir les plus beaux panoramas de l’île, pendant 1 h. Le ciel est bien gris ! Retour au bateau. Plus tard, des trombes d’eau s’abattent sur nous. De l’eau pour la vaisselle !

Départ pour Saint Vincent

Jeudi 28

Pas d’amélioration. Nous décidons de partir demain pour St Vincent. Formalités de douane.

Vendredi 29

5h : le réveil sonne     6h départ.                                                                                                                     Pluie, houle, vents changeants, mauvaises conditions en somme, mais William assure. A 15h nous arrivons à Wallilabu. Un homme en barque vient aussitôt nous aider à mouiller à quelques mètres de la plage, avec amarre à terre. Un autre nous propose ses fruits, nous accompagne à la douane et ne nous lâche plus. Il faut bien vivre !  C’est ici que le film « Pirate des Caraïbes » a été tourné. Le douanier, avec son bureau et deux chaises, est installé derrière une façade du décor. Il reste quelques accessoires ; cercueils en polyester, canons, portes décorées, enseignes etc.… Le rocher percé où se balancent les pendus est, lui, bien réel. C’est amusant de voir tout cela, il va falloir revoir la série un de ces soirs ! Nos copains allemands sont ancrés à côté de nous. A 19h, nous prenons enfin le temps de manger un plat de pâtes. La journée a été rude, la nuit est moustiqueuse.