octobre 2012

Pélican

Mardi 30 octobre

Beaucoup de pluie. Aquarelle.

Manif à Colon

Vendredi 26 octobre

Une semaine déjà que la région de Colon est en pleine ébullition. Le gouvernement veut récupérer une partie de la zone franche et des terrains autour, pour je ne sais quel investissement. La foule manifeste, les routes sont bloquées, les barricades flambent, les manifestations réprimées violement. Plus de bus, plus d’avitaillement. Le président est en voyage au Japon et les négociations n’aboutissent pas. Tout déplacement devient périlleux. Nous attendons.

Samedi 27

Aux dernières nouvelles la loi a été suspendue et tout devrait rentrer dans l’ordre.

Le Christ Noir

Dimanche 21 octobre

Le Cristo Negro, appelé aussi « el Nazareth » est une statue de bois qui aurait été trouvée en 1658 dans une caisse jetée à la mer par un navire espagnol sur le point de faire naufrage. Récupéré par les pêcheurs du village il est installé dans l’église. En 1821, Portobelo est un des rares villages à échapper à une épidémie de choléra, c’est le premier miracle du Christ, devenu noir en raison de la fumée des cierges qui brulaient toute la journée sous le retable. Cet événement est célébré chaque année le 21 octobre…Nous sommes au rendez-vous, avec quelques milliers d’autres, venus parfois de très loin. Les pèlerins arrivent par la rue principale, vêtus de tuniques violettes plus ou moins décorées. Certains avancent sur les genoux, d’autres reculent sur les fesses ou rampent sur le dos ou, plus sportif, se tournent tantôt d’un côté tantôt de l’autre. Sur le dos des hommes torse-nu, un acolyte verse de la cire de bougie. Devant les pénitents, des amis balancent de droite à gauche une représentation du Nazareno pour les motiver à avancer. Il fait très chaud et le bitume est brulant. Un gros bonhomme fait le parcours en roulant sur lui-même. Certains ont l’air de souffrir beaucoup, d’autres en rajoutent un peu. Ils semblent apprécier le fait d’être photographié, ce qui nous arrange bien. La foule autour semble indifférente, sans doute habituée. Les crampes sont fréquentes, les pauses longues, il faut arriver jusqu’à l’église. La Croix Rouge est là pour évacuer ceux qui n’arrivent plus à se relever. Mais qu’ont-ils fait tous ces gens pour s’imposer un tel châtiment ! Les vendeurs de bondieuseries se frottent les mains ainsi que ceux qui proposent nourriture et boissons. Deux hélicoptères tournent dans le ciel sans effrayer les paisibles urubus. Les forces de l’ordre sont très présentes mais l’ambiance est calme. A 20h, annoncé par un feu d’artifice, le christ noir sort enfin de l’église, précédé de tous les pénitents qui maintenant sont obligés de ramper parmi les immondices. Une cinquantaine de porteurs bien costaux le balance de droite à gauche. Il chaloupe ainsi au rythme lent d’un orchestre de cuivres et percussions. La foule suit, bougie en main. Quatre heures lui seront nécessaires pour revenir à son point de départ. Nous en avons assez vu et, contents de retrouver notre taxi camionnette, nous rentrons nous aussi au bercail.

Un froissement d’ailes

Vendredi 19

Deux jours sans pluie, nous renouons avec le monde sous- marin. Raie léopard, bourse graphiti, diodon et délicats coraux bleu-vert (53 espèces de corail recensées ici).

Samedi 20

Cette nuit, il m’a semblé entendre un froissement d’ailes, je me suis retournée sur le côté en me disant « Arrête de délirer avec ces bruits, tant que tu n’es pas en danger, dors ! » et voilà que ce matin, je découvre dans ma panière à fruit une grosse banane presque entièrement mangée, un grand trou noir en son milieu. On nous avait prévenus que des chauves-souris venaient se servir dans les filets pendus dehors, mais à l’intérieur, quel culot !!! Encore heureux que ce ne soit pas des vampires !

Un paresseux

Mardi 16 octobre

Beaucoup de pluie. Je teste mon appareil photo sur les singes atèle de l’île Linton. Rencontre avec un paresseux qui a entrepris la traversée de la route. Cette plaque de fourrure sur son dos est surprenante. Nous invitons nos voisins à venir boire le café, cela fait 30 ans qu’ils vivent sur leur bateau, ils ont tellement d’histoires à raconter qu’ils repartent  à la nuit.

Mercredi 17

Nous partons à cinq filles faire les courses. Il faut deux heures de bus pour atteindre le grand magasin. Même pas le temps de faire la java, nous rentrons épuisés.

 

La jungle urbaine

Samedi 6 octobre

Anniversaire de J-Claude à Panamarina

Mardi 9 Mercredi 10

Après la jungle sauvage nous voici dans la jungle urbaine de Panama city. Nous achetons un nouveau panneau solaire, un appareil photo, et bien d’autres choses qui allègent considérablement notre porte monnaie. Nuit à l’hôtel. Joie des bus bondés ! Retour juste avant l’orage.

Jeudi 11

Vous ne m’avez pas trop aidé avec mes « crapauds de mer », le sujet n’a pas eu l’air de vous passionner ! De mon côté, en discutant dans un bar, j’ai appris qu’il s’agirait probablement de poissons dit « grogneurs » qui communiquent entre eux en émettant des sons ressemblant au coassement des grenouilles. Nous voilà moins bêtes !!!

Forte pluie

Vendredi 5 octobre

Il a vraiment plu très fort cette nuit. Sous le toit de tôle ondulée le vacarme était assourdissant. Une gouttière, juste au dessus de nos têtes nous a contraints à changer de place. Deux autres français sont arrivés hier, nous nous retrouvons tous pour un petit déjeuner qui se prolonge jusqu’au repas de midi. La pluie fait enfin une pause, nous sautons dans nos vêtements mouillés, bouclons nos sacs et redescendons la colline, cramponnés à nos bâtons pour ne pas glisser. La rivière nous attend en bas, rouge et impétueuse. Nouvelle baignade sportive le long d’une corde, puis nous quittons Miguel avec regret. Malgré la pluie je serais bien restée un mois là haut, la parenthèse était trop courte, juste de quoi piquer notre curiosité et éveiller notre intérêt. Il va falloir attendre Costa Rica pour retrouver la selva.

Balade en forêt

Jeudi 4 octobre

Nous nous levons tôt pour observer les toucans, mais ceux-ci, plus matinaux que nous, ne nous ont pas attendus. Crêpes et confitures maison au petit déjeuner. Au programme ; pique-nique près d’une cascade et pêche à l’épervier dans la rivière. Tout guilleret nous partons en file indienne pour la forêt profonde en chantant tels les 7 nains du conte. La première rivière passée, nous continuons à suivre un cours d’eau. Miguel, devant, lance régulièrement son filet et attrape à chaque fois deux ou trois petits poissons. Il surveille pour nous la présence d’un éventuel serpent, nous indique les endroits moins profonds où passer, nous montre les fameux palmiers qui fournissent la tagua. Il y a déjà longtemps que j’ai renoncé à vider l’eau de mes bottes. Une petite pluie fine commence à tomber qui nous fait sourire. « Mouillé pour mouillé ! ». Mais les gouttes grossissent, se multiplient, et ce sont bientôt des trombes d’eau qui tombent directement des arbres. La selva est devenue plus sombre et menaçante. Juste avant d’atteindre la cascade promise, Miguel par prudence décide de faire demi-tour. La pluie ne s’arrête pas et le niveau des rivières monte rapidement. L’eau sourd de partout et la moindre sente se transforme en ruisseau boueux. Nous pataugeons, glissons, repartons. Le paysage se réduit à l’endroit où nous devons poser les pieds. J’ai l’impression d’être revenu 40 ans en arrière, ce qui n’est pas pour me déplaire ! Arrivés à la rivière, le niveau est déjà trop haut, nous ne pouvons plus passer. Demi-tour à nouveau ! L’orage maintenant gronde autour de nous, rajoutant un coté dantesque à la scène. Miguel nous conduit vers Canopy, un site dédié à l’accrobranche. Nous grignotons nos sandwichs sous un toit de palme, momentanément à l’abri. Toutes les possibilités sont envisagées, même celle de dormir ici. Dans nos vêtements trempés nous commençons à avoir froid, cela fait trois heures que nous sommes sous la pluie, aussi décidons nous de tenter la traversée de la rivière avec une corde prêtée par les gens d’ici. Miguel, avec sa haute taille, parvient tant bien que mal à traverser le rio, mais il peine à retenir la corde tant le courant est fort. Guy passe à son tour, puis Gil. Chantal et France ne sont pas trop rassurées. Le corps emporté par le courant, il faut se tracter par la force des bras tout le long de la corde tendue. Chantal boit un peu la tasse mais tout se passe bien, nous sommes maintenant sur l’autre rive. Une dernière côte à grimper et nous arrivons au campement. Une douche tout habillé nous débarrasse de la boue et, c’est bien sec que nous nous retrouvons devant la grande table commune à commenter notre aventure. Le seul animal vu durant cette balade est une jolie petite grenouille. Il pleut toujours, les poissons sont délicieux.

Miguel

Mercredi 3 octobre

Départ à 7h pour prendre le bus. Nous sommes six ; un couple de québécois (France et Guy), les Chamichas et nous. Nous avons rendez-vous avec Miguel pour un séjour en forêt. Avec sa haute taille, son grand sourire et ses allures de Che Guevara, notre guide nous est tout de suite sympathique. Il organise des stages de survie en forêt, des balades et travaille la tagua à ses moments perdues. Une demi-heure d’un large chemin nous amène à la rivière qu’il faut traverser à gué. Nous quittons chaussures et pantalons, mais les petites tailles sont toujours défavorisées et, c’est culottes mouillées que nous continuons notre chemin. Celui-ci grimpe raide dans un fouillis de fougères. Je choisi de marcher pieds nus pour moins glisser. C’est bon de reprendre contact avec la terre, de retrouver cet élément qui manque à mon équilibre. Je me sens pousser des racines ! Nous arrivons au campement ; quatre cabanas servent de chambre, une dernière plus grande fait fonction de cuisine et de réfectoire. La vue est bien dégagée, une rivière serpente paresseusement entre le moutonnement des collines. Deux chiens (Papa et Mama) s’étirent au soleil. Miguel nous régale d’un bon repas et nous descendons nous baigner dans la rivière. Au retour, nous allons voir les singes nocturnes : nous nous observons mutuellement avec beaucoup de curiosité. Miguel nous fait gouter le tendre cœur d’un palmier épineux puis c’est une soirée tranquille autour de la table. Nous regagnons nos moustiquaires en faisant attention de ne poser le pied ni sur un serpent ni sur un scorpion.

Les cobias

Dimanche 30 septembre

Dans notre baie, en plus des voiliers, se trouve un élevage de « cobias ». Ces poissons, en 6 ou 8 mois, peuvent atteindre une taille d’1m50. Ils sont exportés vers les Etats Unis et l’Asie.

Lundi 1° octobre

Pluie et pluie. Nous en profitons pour regarder la série « trône de fer » sur notre petit ordinateur, le plus gros nous ayant lâchement abandonné.

Mardi 2

Promenade sous marine. Avec la saison des pluies, je crois que nous ne sommes pas prêts de retrouver des eaux limpides et turquoise. Fin d’après midi à jouer avec nos amis de Baloo.