novembre 2012

San Miguel

Lundi 26 novembre

Pas un souffle d’air, la mer est verte. Nous atteignons l’île Roi (je ne sais pas lequel !) par le nord. C’est la plus grande de l’archipel. Mouillage en vue du village de San Miguel. L’eau est si tranquille que l’on se croirait revenus sur la dalle en ciment de St Igny.

Mardi 27

Pour accoster à San Miguel, il faut attendre la marée montante. Village de style antillais, toute la population est noire. La petite place centrale est agréable. Visite de courtoisie à St Miguel, patron du village. Nous achetons de l’essence (très chère) et des bananes (pas chères). Vous n’aurez peut être plus de nouvelles de nous, faute de réseau internet, patience.

L'île Ampon

Samedi 24 novembre

Le mouillage suivant est défendu par une barrière de roches, découverte à marée basse. Tout au fond de la baie, à l’abri de l’île Ampon, nous sommes hors de portée de la houle du large. Le vent souffle fort. Toujours seuls. Gil passe l’après midi à démonter et déboucher la pompe à eau de mer. Opération réussie, nous pourrons de nouveau utiliser le dessalinisateur.

Dimanche 25

Nous partons tôt pour rendre visite aux poissons, mais ils ne sont pas au rendez-vous. Nous surprenons juste quelques diodons dodus et un dangereux poisson pierre. Un peu de marche sur la plage pour se dégourdir les jambes et le reste de la journée à lire. Ce soir, repas festif ; cacahouètes, fois gras et gâteau au chocolat fait par Gil (peut être pas très équilibré !). Voilà, maintenant j’ai 60 ans ! Merci à tous ceux qui ont pensé à moi aujourd’hui, je les embrasse très fort !...Bon, les autres aussi !

Cantadora, Chapéra, Mogo Mogo

Mercredi 21 novembre

La houle nous chasse de notre îlot de rêve, nous filons sur Cantadora, l’île la plus touristique de l’archipel. Desservie par un petit aéroport, elle abrite luxueuses maisons et hôtels haut de gamme. Ses routes sont goudronnées, bien entretenues, tout est propre, tout est chère. Nous rentrons de notre promenade aux premières gouttes de pluie. Le vent se lève, la houle aussi, des trombes d’eau nous font rentrer dans notre coquille. Consolation avec une séance de cinéma.

Jeudi 22

Nous laissons sans regret Cantadora aux riches et partons pour des lieux plus sauvages. Dans ce collier de perles, l’île Chapera est la suivante. Notre exploration nous conduit de plage en plage, toutes désertes et grandioses. Nous n’en revenons pas d’avoir des îles si belles pour nous seuls. En cours de route nous trouvons quelques trésors ; une balançoire sous un arbre, des œufs de pierre incrustés dans la roche, des cailloux bleu azur, des coquillages colorés, un tuba…Nous sommes comme des enfants, émerveillés devant tant de beauté.

Vendredi 23

C’est sur l’île de Mogo Mogo que Survivor et la version française Koh Lanta furent tournées. Promenade sur les plages redevenues désertes. Nous essayons par deux fois une balade sous marine, mais les courants de marée sont trop violents, nous devons renoncer. Crêpes à bord. Gil est devenu un adepte du beurre de cacahouète. A 18h, spectacle grandeur nature, nous assistons au coucher du soleil qui, cabotin, n’hésite pas à se draper de ses plus riches couleurs.

 

Ilot Bartolomé

Mardi 20 novembre

Temps plus calme. En annexe, nous abordons sur une plage de sable mais un panneau « entrée interdite » nous arrête net. Exploration sous-marine donc (cela est encore libre). Pas de corail, le fond est composé de roches et de plaques sur lesquelles rien n’a poussé. Mais, si le paysage n’est pas extraordinaire les poissons, eux, nous ébahissent par leur taille et leur diversité. Ils sont deux fois plus gros qu’aux Samblas, pas sauvages et très nombreux. C’est presque un peu effrayant, mais c’est une belle surprise. Nous allons donner des photos de leur bateau, sous spi, aux Autrichiens et poussons plus loin, à l’abri du minuscule îlot Bartolomé. Paysage de rêve. Nous en faisons le tour à pied, à marée basse. Géologie très particulière ; dalles plates creusées de sillons géométriques, roches érodées où pousse un plumet de végétation, galets géants posés  sur le sable. C’est magnifique ! Sous l’eau, c’est tout aussi spectaculaire. Trois raies léopard me passent sous le nez, les poissons perroquets sont géants, nous découvrons de nouvelles espèces, c’est un festival ! Mon seul regret est de ne pas pouvoir vous en faire profiter, l’eau est trouble à cause des marées, ce n’est pas idéale pour les photos. Repas du soir sur le catamaran, heureusement pour nous ils parlent tous un peu Français. Bonne soirée, journée intense.

Las Perlas

Lundi 19 novembre

A 7 h30 nous partons, direction les Perlas. Cet archipel est constitué de plus de 90 îles et 130 îlots. De quoi visiter ! Son nom provient de la présence d’huitres perlières qui servaient de parure et de monnaie d’échange aux indiens. Les conquistadors, découvrant cela, massacrèrent tout le monde et importèrent des esclaves noirs pour chercher les perles. Il n’en reste plus guère aujourd’hui. Traversée de 6h sous le soleil et sans vent. Un catamaran Autrichien suit la même route que nous. Nous mouillons l’ancre devant Pacheca, l’île la plus au nord. Des centaines de frégates tournoient dans le ciel, des poissons sautent de tous côtés. Il pleuviote maintenant. Le cata vient se ranger derrière nous. Premier bain dans le Pacifique. Les vagues nous font tanguer durement.

Le nez en l'air

Dimanche 18 novembre

Nous sommes tout courbatus de notre marche d’hier. Ce n’est pas sur un bateau qu’il faut venir pour se muscler ! Visite du village San Pedro, son église blanche est une des plus vieille d’Amérique. C’est d’ici que partit l’expédition de F. Pizarro vers l’empire Inca. Pirates anglais et français firent dans cette île de nombreuses incursions. Paul Gauguin, terrassier sur le chantier du canal y séjourna le temps de se faire soigner du paludisme. Et nous, nous flânons le nez en l’air. Que de personnages célèbres pour un si petit bout d’île !

La fameuse minuscule grenouille verte

Vendredi 16 novembre

Nous nous désengluons du mouillage de Panama pour cingler vers l’ile de Taboga, également nommée l’île aux fleurs. Le soleil luit, la mer est émeraude à points blancs, il vente. Nous mouillons sur bouée et sommes accueillis aimablement par le propriétaire et son chien. Le site est beau, le village coloré, je sens que nous allons être bien. Ça roule quand même un peu… Non, beaucoup !

Samedi 17

Le vent s’est calmé, il fait très chaud. A 10 h nous entreprenons l’ascension du Cerro de Vigia. 1h 30 de grimpette sur un large chemin qui me parait interminable (307m de dénivelé quand même !). Nous suons à grosses gouttes. Des morphos aux ailes bleu électrique papillonnent autour de nous. Un immense mirador couvre le sommet, la vue est superbe. Juste à côté, les restes d’un bunker américain, datant de la Seconde Guerre mondiale, sert de dortoir à une colonie de chauve-souris. Des lézards géants s’enfuient à notre approche, les urubus planent au dessus de nos têtes. En redescendant, nous cherchons la fameuse minuscule grenouille verte, difficile à trouver par une telle chaleur. Belle balade, repos à la terrasse d’un café, face à la mer et replis rapide avant la pluie. Au cinéma ce soir « la 7° compagnie »

Un joli cadeau de notre ami JOJO

2012-11-10_JILOUME_Canal-de-Panama.pdf 2012-11-10_JILOUME_Canal-de-Panama.pdf

Suivre ce lien, vous verrez c'est vraiment super. Encore merci JOJO

De nouveau prêts à partir

Jeudi 15 novembre

Après un dernier repas au restaurant les copains sont repartis. Nous voici de nouveau seuls, dommage, c’était sympa tout ce monde ! Nous avons eu un peu de mal à finir les restes, j’avais acheté trop de viande ! (nous avons ingurgité un poulet et demie dans la journée d’hier) maintenant le frigo est presque vide, je me sens mieux ! Au mouillage nous retrouvons Gilles sur son cata Samara qui se remet lentement d’une coqueluche, et les copains du bateau Kril rencontrés à Curaçao. Ici, il y a entre 4 et 5 m de marée, il va falloir s’en souvenir ! Aller à terre est particulièrement périlleux. Il faut débarquer sur un tas de ferraille flottant, monter sur un canot instable et se tirer à l’aide d’une  ficelle jusqu’à la berge abrupte et glissante. Nous ne sommes pas encore tombés à l’eau, incroyable non ? Gil a fait la vidange du moteur, nous avons installé une poignée pour se tenir dans les toilettes. Nous sommes de nouveau prêts à partir.

Le pacifique

Dimanche 11 novembre

6 h du matin ; le ciel rosit tout juste que Ricardo, notre nouveau pilote, arrive. Beaucoup plus volumineux que le précédent, il n’en est pas pour autant moins sympathique. Nous démarrons aussitôt et déjeunons en route. Un voilier allemand et un catamaran naviguent de concert avec nous, nous passerons, semble t’il, les écluses ensemble. Voyage paisible sur le lac. Nous nous relayons à la barre, le pilote lit son journal, les filles papotent à l’avant. Le canal contourne des îles aux noms charmants (l’île du puma, du tigre, de la panthère, du lion, l’île de la petite et grande sorcière, celle de la cloche et du canard fourchu). C’est un véritable labyrinthe. Malgré ces noms évocateurs nous ne rencontrons aucune vie animale, ni singe, ni crocodile, uniquement des porte-conteneurs. Le ciel est couvert mais il fait lourd. Au bout de quelques heures le pilote nous demande d’accélérer, il semble pressé et nous fait couper tous les virages. Nous passons devant la rivière Chagres qui alimente en grande partie le lac. Les berges se resserrent. L’élégant pont du Centenario nous annonce l’arrivée prochaine de l’écluse de Pedro Miguel. Les trois voiliers se regroupent. Le catamaran, plus puissant, se positionne au milieu, nous sommes amarrés à sa gauche, l’autre à sa droite. Ainsi unis, pour le meilleur ou pour le pire, nous avançons au milieu de l’écluse. Les « linners » nous envoient des pommes de touline auxquelles nous accrochons nos amarres. Les portes se referment, nous commençons notre descente en prenant garde de maintenir les cordages toujours tendues. C’est beaucoup plus facile que la veille. Toujours liés à nos compagnons de fortune nous traversons le lac de Miraflores qui nous amène à la double écluse du même nom. Moment d’émotion, c’est ici que se trouve la webcam, petit œil qui nous relie à vous. Nous faisons de grands signes pour saluer ceux qui, derrière l’écran de leur ordinateur, nous regarde passer. Léger cafouillage à la descente. Côté tribord les amarres n’ont pas été assez tendues, avec notre moteur nous devons pousser à fond pour redresser l’armada. Le pilote du bateau fautif se fait sermonner par les deux autres. Pour le dernier passage la pluie nous arrose copieusement. Libres, nous franchissons le pont des Amériques. Nous larguons notre pilote puis les pneus et les cordages au ponton du yacht club de Balboa. NOUS SOMMES DANS LE PACIFIQUE !!!   Il nous faut encore contourner la presqu’île d’Amador pour rejoindre le mouillage de Las Brisas. Il est 15h3O, les buildings de Panama nous font face. Champagne, foie gras, rayon de soleil et amitié, le cocktail est réussit. Le repas est bien arrosé, nous sommes tous ravis et commençons à nous détendre. A peine terminées nos réjouissances, qu’un gros nuage noir plombe le ciel. Le vent se lève, la mer aussi. Jiloumé roule, tangue, rugit, se cabre, mais l’ancre tient bon. Les copains sont sur le pont à surveiller les bateaux qui dérapent. C’est assez effrayant, les rafales atteignent 45 nœuds (80 km /h). Je sens venir une vague nausée et file au lit, les autres ne tardent pas à en faire autant. Assez d’émotions pour aujourd’hui !