décembre 2012

Labyrinthe de rivières, lacs, mangroves et îlots

Jeudi 27 décembre

Je crois que je me suis un peu gourée dans les jours ! Je remets donc les pendules à l’heure. Nous arrivons à 14h à Punta Jural sur l’île de Parida. Alors que nous hésitons comme tous les jours entre pâtes ou riz un pêcheur arrive fort à propos pour nous proposer des langoustes. Enfin des protéines ! Jolie promenade à terre d’une cabane de pêcheur à une autre. Un homme répare ses filets, un autre nous offre des bananes. Ambiance amicale.

Vendredi 28

Nous devons aller à Pedrégal pour les formalités de douane et pour refaire de l’avitaillement. Nous sommes un peu anxieux et indécis. Pour pénétrer dans ce labyrinthe de rivières, lacs, mangroves et îlots, trois possibilités s’offrent à nous. Nous choisissons l’entrée la plus proche et la plus profonde ; Bocca Brava. Quand nous nous présentons devant, ce n’est que brisants et déferlantes. Notre sondeur indique trois mètres alors que sur la carte nous sommes sensés être sur des fonds de 12m. Le courant est violent, la houle énorme, c’est la confusion la plus totale. Nous n’insistons pas et rebroussons chemin, un peu penauds mais vivants. 2h plus tard nous voici à Bocca Chica. L’entrée est abritée des vagues et serpente entre des îles, c’est beaucoup plus sécurisant. Grosse frayeur par contre en passant sous des fils électriques tendus au dessus de la rivière. Mais nous passons,  sans savoir si c’est de justesse ou avec de la marge. Nous suivons au plus près la route indiquée par le GPS, contournant roches et bancs de sable, longeant tantôt une rive tantôt l’autre. Gil a le nez collé à l’écran de l’ordinateur, moi je barre, l’œil rivé sur le sondeur. C’est assez stressant ! Les hauteurs de fonds ne correspondent pas toujours. Sur la carte certaines zones sont indiquées à 50 cm d’eau à marée basse, nous sommes à marée montante, mais serrons quand même les fesses ! Nous traversons la Bocca Brava qui s’est refusée à nous ce matin et trouvons refuge au mouillage près de l’île de Muerto, il est 17 h, nous sommes épuisés. Le plan d’eau est calme, les dauphins font un ballet, les oiseaux une symphonie, nous goutons avec délices ces instants de paix. Ce soir, c’est la fête pour All, le gecko, orgie d’insectes !

 

Laissons la plage aux crocodiles

Vendredi 23 décembre

Laissons la plage aux crocodiles…. Direction les îles Contreras. Amis navigateurs attention décalage au niveau de l’île Brincanco avec les cartes Bauhaus. Nous apercevons encore le souffle des baleines. Mouillage sauvage.

Samedi 24

Jolie plongée, mais des minis méduses finissent par avoir raisons de nos nerfs et de notre peau. Nous allons à terre remplir nos jerricans à la source d’eau fraîche qui s’épanche sur la plage. Récolte de noix de coco. A midi, nous partons pour les îles Secas, en espérant trouver là bas, un peu de réseau pour téléphoner. Un voilier est au mouillage. Menu du soir ; foie gras, riz blanc, nougat. C’est dur Noël sans la famille !

Dimanche 25

Exploration des alentours. Toujours des méduses, on croirait nager dans un champ d’orties. Nos voisins nous invitent pour l’apéro du soir. Ce sont des australiens bien sympathiques, ils nous offrent le pastis ! Joyeux Noel à tous !

Lundi 26

Les australiens sont partis ce matin. Débouchant sur la plage un joli chemin nous tend les bras. Petite grimpette pour atteindre une piste d’atterrissage, puis un lieu de rêve pour personnes fortunées et fatiguées. En bord de plage ou au sommet d’îlots se dressent des tentes de luxe. Ici, l’on dort pour 600 $ la nuit. Nous n’avons jamais autant fait d’économie !  Par contre pas moyen de boire un verre au bar, il est réservé a la clientèle. Nous rentrons avant la pluie.

C’est beau la nature sauvage ...

Jeudi 22 décembre

Un peu plus loin sur l’île de Coîba, playa Rosario…Grande baie bordée de plages, de mangrove et de forêt. A les entendre les singes hurleurs n’ont pas l’air heureux de nous voir. Beaucoup de tortues  autour du bateau. Excursion sous marine pour se rafraichir un peu, puis à 16 h, marée basse, nous partons vers la plage. Nous laissons l’annexe à l’ancre dans 20 cm d’eau et partons nous balader. Rien de bien intéressant, mais marcher nous fait du bien. En chemin, bruits bizarres dans les fourrées. Gil décortique notre noix de coco. Arrivés en vue de l’annexe, un gros tronc d’arbre semble pris dans le cordage de l’ancre. Mais non, ça bouge ! Un crocodile !!! La surprise me fait reculer de trois pas, moment d’hésitation, points de suspension… Mais, la bête nous a sans doute vue, elle s’en va tranquillement. Sans la quitter des yeux nous récupérons notre annexe et devons marcher encore 5 minutes dans l’eau peu profonde avant de pouvoir monter dedans. Nous n’en menons pas large ! C’est beau la nature sauvage, mais un peu dangereux !

Nous sommes dans un aquarium

Mercredi 21 décembre

Du bateau, nous apercevons sur l’île en face, de grands panneaux blancs. Encore des interdictions ! Pour savoir ce qui l’en est, nous abordons sur une plage de sable blond bordée d’une cocoteraie parfaitement entretenue. Sur les panneaux on peut lire « Bienvenue dans le parc national de Coîba ». Quels ronchons ces français ! Le sol est impeccablement ratissé. A l’ombre des palmes, deux gardes se balancent dans leur hamac en écoutant la radio. Un gros chien nommé Macaréna vient nous renifler. Ils nous indiquent un chemin entièrement dallé qui escalade la colline et mène a la maison où ils logent. Vue superbe, le bateau semble bien petit d’ici !  Nous redescendons par un escalier, saugrenu en ces lieux. Les gardes n’ont pas bougé. Nous leur demandons l’autorisation de prendre une noix de coco, qu’ils nous accordent d’un geste nonchalant de la main. Pour compléter notre exploration nous ancrons l’annexe prés d’un récif, et là, c’est l’apothéose ! Nous sommes dans un aquarium, et devant nos yeux émerveillés se croisent des poissons tous plus beaux les uns que les autres. Tandis que j’observe un gros serpent et une belle murène,  Gil se retrouve face à une tortue. L’après midi se termine par un coucher de soleil pas mal non plus.

Hé non nous ne nous lassons pas des îles !

Mardi 20 décembre

6h, départ. Le temps est blanc, la mer plate, direction l’île de Coiba. Superbe traversée ; plusieurs groupes de dauphins viennent nous voir, des petits, des énormes, des mouchetés, un festival, un régal. Nous restons à l’avant pour mieux les admirer. Impossible de rester insensible et toujours ce regret de ne pas pouvoir communiquer. Comme il n’y a pas de vague nous observons aussi des serpents jaune et noir qui se tortillent à la surface. C’est une première pour nous, qui nous coupe toute envie de baignade, puis ce sont des tortues qui défilent et plongent à notre approche. Avec toutes ces rencontres le temps passe plus vite. Avant d’arriver au mouillage, nous lisons sur notre carte qu’il faut une autorisation du parc national pour ancrer ici. Nous virons à angle droit et remontons jusqu’à l’île de Rancherita. Nous venons de faire 10 h de moteur… Enfin le calme, la baignade au milieu d’un paysage époustouflant. Hé non nous ne nous lassons pas des îles ! Nous allons de merveille en merveille.

Grand largue, nous filons à plus de 7 nœuds

Lundi 17 décembre et 18

Départ à 9 h, jolie brise. Grand largue, nous filons à plus de 7 nœuds. Le pilote reprend du service en grinçant un peu. Quelques dauphins viennent admirer notre coque toute propre, une aigrette inspecte le pont. A 13 h, nous attrapons une daurade coryphène de 75cm. Le temps s’étire… A 17 h, plus de vent, moteur. Soudain, Gil aperçoit un geyser qui s’élève au dessus de la mer. « Elle souffle ! » nous sommes malheureusement trop loin pour voir la baleine, mais c’est déjà impressionnant comme ça ! A la brune nous croisons les premiers cargos, parfois de très près ! Nous sommes sur la route qui va au canal, pas question de dormir, vigilance maximum. Ils surgissent du néant,  là où on ne les attend pas. Gil veille devant l’A.I.S, moi je scrute la nuit. L’océan est heureusement pacifique. Orion étend ses bras protecteurs au dessus de nous et semble très proche. Nous franchissons sans difficulté la Punta Mala, de mauvaise réputation (Jamais sur les cartes on ne rencontre de Capo Dulce ou de Punta Buena !). Le soleil enfin émerge péniblement d’une épaisse couche de nuages. Gil aperçoit une queue de baleine qui s’enfonce dans la mer, c’est la récompense du matin. Moi, je trouve un passager clandestin ; un minuscule gecko que j’avais déjà surpris une dizaine de jours de cela, sans doute échappé d’un régime de bananes. Je ne pensais pas qu’il avait survécu ! Portés par une longue houle nous arrivons à midi à Ensegnada Naranjo. Jolie anse bordée d’une plage de sable brun et entourée de collines où paissent des vaches. Après avoir mangé la daurade, nous nous endormons. C’est fou comme deux jours de mer peuvent fatiguer !

Lundi 19

Exploration des alentours. Un voilier américain vient mouiller dans la baie, nous allons le saluer.

 

Le plus spectaculaire mouillage de l’archipel

Dimanche 16 décembre

San Rosé, dernière île des Perlas, à trois heures de moteur vers l’ouest. Nous abordons au sud, dans le plus spectaculaire mouillage de l’archipel. Cette île, longue d’une trentaine de kilomètres appartient à un richissime panaméen. Il l’a fait équiper d’un réseau routier pour son usage personnel. Nous sommes ancrés juste en face d’une de ses maisons, mais personne ne vient nous inviter. .. La crique est fermée par des îlots rocheux aux formes insensées. L’eau est claire, nous en profitons pour aller saluer les énormes poissons perroquets qui hantent ces lieux. Impossible de les prendre en photo, ils ne rentrent pas dans l’appareil ! Il faudrait rester ici au moins une semaine, mais la météo semble favorable pour partir demain. J’appréhende un peu, les traversées ne sont pas mes tasses de thé !

Errance sur la plage déserte

Jeudi 13 décembre

Le village de pêcheurs au joli nom d’Esmeralda est accueillant. Nous trouvons là une petite échoppe où acheter pomme de terre et œufs et, une sorte de cantine où les gens viennent avec leur écuelle chercher de la soupe. Nous nous plions donc à la coutume locale et dégustons notre breuvage bouillant. Il est 11h. Beaucoup de jeunesse dans les rues et beaucoup de chiens squelettiques. Le départ de la plage, face aux vagues assure une bonne douche salée.

Vendredi 14

La houle insupportable nous chasse d’Esmeralda. Nous nous réfugions derrière la pointe Cocos, à l’ extrême bout le l’île d’el Rey. Longue promenade à pied pour atteindre une ancienne piste d’atterrissage de l’armée américaine et errance sur la plage déserte.

Rio Cacique

Lundi 10 décembre

Rejoignons le mouillage de Rio Cacique. Un bateau mère et trois vedettes de pêche au gros sont déjà là.

Mardi 11

Profitant du courant de la marée montante, nous nous laissons doucement dériver avec l’annexe sur le rio Cacique. Etrange impression que de remonter une rivière en se laissant porter par le courant. On se croirait dans «  Aguirre ou la colère des dieux ». Concert d’oiseaux, craquements, bruits étranges et indéfinissables, nous glissons en silence entre les arbres aux membres tentaculaires. Au bout de deux heures, la forêt finit par engloutir la rivière. Nous rebroussons chemin et rentrons au moteur, prenant soin d’éviter racines immergées et hauts fonds perfides. Nous garderons en souvenir quelques piqures d’insectes de cette balade au fil de l’eau.

Mercredi 12

Peinture du pont. Balade sur la plage. Une forte houle du sud nous secoue violemment. Nuit pénible.

Vive l’Amérique !

Samedi 8 décembre

J’ai repeint le bleu de la coque et retouché en blanc les palmes abimées. La moitié du pont a retrouvé une couche beige avec de l’anti dérapant. Gil a nettoyé le filtre à eau du moteur et brulé les poubelles. Nouvelle coupe de cheveux « plein vent » pour moi. Quelle activité !!! Deux américains sont venus nous voir en annexe, ils ont pris des photos de notre bateau tout beau. Ils vont au Costa Rica, toujours le même conseil ; attention aux voleurs ! Ils reviennent un peu plus tard, nous apportant deux belles parts de thon récemment pêché. Vive l’Amérique !

Dimanche 9

Nous quittons notre plage tranquille, ses oiseaux, ses agoutis furtifs, l’iguane à queue bleu, la raie qui venait chasser sous le bateau et nous glissons jusqu’à l’île Canas ? A la tombée du jour un pêcheur et sa femme nous propose du poisson. En échange ils repartent avec un paquet de cacahouètes et deux petites bouteilles de jus de fruit.