mars 2013

On à gagné !

Mardi 26 mars

Une seule piste traverse l’île dans sa largeur. Premier arrêt pour contempler un arbre magnifique où un couple s’est construit un petit nid d’amour entre ses branches et au cœur même de ses racines. On peut accéder à cette cabane par un pont suspendu ou par une voie d’escalade. Beaucoup d’astuces et d’ingéniosité rendent ce lieu sympathique. La route traverse une zone agricole puis nous conduit au centre Galapaguera où sont élevées, en semi liberté, des tortues terrestres qui avaient tendance à disparaitre. Visite intéressante dans leur milieu naturel, au milieu d’arbustes épineux ou vénéneux. Le taxi nous dépose ensuite au pied du volcan Junco, qu’il est facile d’escalader pour admirer le lac niché dans sa caldera, que survolent des frégates acrobates. Promenade ensuite sur la plage Loberia, où se laissent photographier les fameux iguanes marin qui, comme les tortues, semblent tout droit venus de la préhistoire. Le tour se termine au restaurant, comme il se doit. En sortant nous sommes surpris par les rues désertes et silencieuses. Les gens attendent devant la télé le match de foot Equateur-Uruguay. Nous nous installons donc, comme eux, à la terrasse d’un café devant l’écran sacré. Chaude ambiance, et en plus, ON a gagné ! 4 contre 1.

Une petite otarie...

Lundi 25 mars

Une petite otarie s’est installée sur la plage arrière de Jiloumé. Pas sauvage du tout ! Un bateau-taxi nous emmène à terre. Nous finissons notre corvée administrative et jouons les touristes dans les boutiques de souvenirs. La ville semble en construction, elle est propre, gaie, avec des restaurants de partout, mais le bord de mer est le domaine des otaries qui prennent leurs aises avec le mobilier urbain. L’odeur est un peu forte ! A la différence des phoques, leur tête s’orne de petites oreilles proéminentes, ici on les appelle des loups de mer.

Nuit délicieuse

Samedi 23 mars

Nuit délicieuse, un léger souffle nous pousse à peu prés dans la bonne direction, la lune fait scintiller une mer douce, la croix du sud nous guide. Nous remettons 20l de carburant dans le réservoir pour constater que celui-ci est plein, il déborde ! C’est à n’y rien comprendre, la panne ne vient donc pas d’un manque de combustible. Toujours seuls, journée ensoleillée, lecture, mots croisés, et…carambars…

Dimanche 24

3h du matin, nous franchissons l’équateur. Je donne un grand coup de corne de brune pour réveiller l’équipage, mais Michel dort, et quand Michel dort, rien ne le réveille…Gil n’a pas retrouvé la bouteille de champagne qu’il gardait pour l’occasion. Quand Gil range…  Le temps est splendide, l’île est en vue. Nous mettons le moteur en route. 3h plus tard, il s’arrête. C’est stressant ! Gil trouve un joint défectueux je ne sais plus où. Nous redémarrons et arrivons à Puerto Baquenzo, sur l’île de San Cristobal. Ouf ! Nous nous attendions à plus sauvage, c’est une petite ville animée qui s’offre à nous. Des bateaux taxis vont et viennent, une douzaine de voiliers, des otaries partout. Un agent vient immédiatement à bord, nous propose ses services. Il téléphone et débarquent bientôt toute une troupe de fonctionnaires. Après une visite du bateau et beaucoup de dollars en moins, nous sommes en règle. Nous pouvons rester ici 20 jours, la facture totale s’élève pour nous trois à 670 $. Malgré cette note indigeste et quelques toasts de foi gras arrosés de vin chilien, nous dormons comme des loirs.

Falaises et cascades

Mardi 19 mars

Départ. C’est en longeant l’île que nous en apprécions le plus les paysages grandioses. Falaises, cascades, grottes et îlots en font un joyau…très cher et bien protégé. Nous la regardons s’éloigner sous sa coiffe de nuages. Temps gris, nuit blanche. A 3h du matin le moteur s’arrête net. Ballottés par la houle  nous attendons le petit jour pour ausculter la mécanique. Après avoir remis 60l de gasoil, il repart. Apparemment il consomme plus que ce que les estimations de Gil laissaient supposer. Restriction donc, il faut garder le reste pour l’arrivée. Nous traversons le pot au noir, c'est-à-dire ; pas ou peu de vent et de face généralement, un temps maussade et des grains fréquents. Nous tirons des bords au près ; très inconfortable. Notre trace ressemble à une couture en zigzag et n’avançons guère. Quand le vent s’arrête, le pilote en fait autant, nuits pénibles. Heureusement nous sommes seuls ce qui simplifie la surveillance. Je teste la toile antiroulis, l’essai est concluant. Vitesse trop faible pour pouvoir pêcher. Positivons ; je ne suis pas malade !

Vendredi 22

Rien de neuf, on se traîne. Nous avons péniblement parcouru la moitié du chemin. Cette nuit, ne sachant plus que faire nous avons remis le moteur pendant 3h. Nous avançons par à-coups utilisant le moindre souffle d’air. Au matin, toilette dans la grande baignoire qu’est le Pacifique. Des dauphins, des oiseaux, des nuages et de l’eau…de l’eau…

Rando à Coco

Dimanche 17 mars

Petite plongée au pied de la cascade. A midi, nous nous régalons de patates cuites à l’eau. Nous décidons de changer de baie mais, au moment de partir, le moteur tousse et s’arrête. Panique ! Gil plonge dans les entrailles du bateau, change filtre et pré-filtre, et, magique…ça redémarre. La baie de Wafer est superbe. Entourée de falaises d’où s’écoulent des cascades, c’est un avant gout des Marquises. Douze rangers vivent ici dans un campement confortable. Nous prenons rendez-vous avec un guide (obligatoire mais gratuit) pour une balade demain.

Lundi 18

L’atterrissage est plus facile. Notre guide nous fait visiter le campement. Un hangar entier est rempli de fil de pêche confisqué cette année. Des tas de bouées, des hameçons géants des cordages attendent d’être ramenés sur le continent. En l’honneur de notre club de foot, la salle de gym porte le doux nom de notre bonne ville de Lyon. Un pont suspendu, fait de flotteurs et d’aussières récupérés enjambe la rivière. La sente est raide qui escalade la montagne. Des filins nous aident dans les pentes les plus abrupts. Nous avons heureusement pris de bonnes chaussures et un bâton. Notre guide n’est pas du genre à tendre la main dans les endroits difficiles, il marche à la vitesse d’un ranger pressé. Nous allons d’un belvédère à l’autre admirant ces sites magnifiques. Il pleut un peu pour la descente. Fatigue… Nous revenons dans l’après midi pour envoyer des nouvelles sur internet et rentrons de nouveau sous la pluie.

Requins et match de foot

Samedi 16 mars

Toujours au surf, nous accostons sur la plage à 10 h pour le match de foot des rangers de l’île. Plein de bonne volonté, nous essayons de nous intéresser à la partie mais sommes quand même obligés de demander, à la fin, qui a gagné. J’use de mon charme naturel pour suggérer aux gardes de nous ramener nos bidons d’eau, intransportables dans notre embarcation. Monter et descendre de l’annexe ne sont point choses faciles, surtout quand la houle s’en mêle. Michel fait sa deuxième chute, poches heureusement vides ! Après midi, snorkeling. Sitôt la tête sous l’eau, j’aperçois trois requins pointe blanche, sinon, le site est décevant, peu de couleurs. Plus loin, autre requin mais eaux troubles. Rentrons. Sur le bateau, Michel, déséquilibré par une vague, part à la reverse et s’affale sur la table de camping. Il reste là, sur le dos, immobile, pendant quelques secondes qui nous paraissent interminables, avant de nous rassurer. Nous avons eu peur. Michel s’en sort avec quelques bleus, la table succombe à ses fractures multiples…

Ile Coco

Vendredi 15 mars    (attention, décalage avec les cartes informatiques)

L’île Coco, l’île aux trésors, l’île aux 200 cascades, l’île de Jurassique Parc, la préférée de Cousteau … Nous en avons rêvé ! Plus de 500  expéditions ont tentées d’y découvrir le légendaire « trésor de Lima », en vain. Repaire de pirates au 18° siècle, de nombreux capitaines et marins ont gravé leur nom sur les roches de la plage. D’une superficie de 24km², l’île est recouverte de forêt humide, son sommet culmine à 640 m, elle n’a jamais été reliée au continent. Nous nous amarrons sur bouée dans la baie de Chatham et sommes immédiatement assaillis par une nuée de moucherons qui ne vont plus nous quitter. Premier bain ; de nombreux poissons sont déjà installés sous le bateau, genre de ceux que l’on verrait bien dans son assiette. Les gardes du parc arrivent dans une grosse annexe et montent à bord. Paperasses, documents et recommandations… Par sécurité notre liberté est assez restreinte… 9 sortes de requins hantent ces eaux. Les plus dangereux pour nous sont les requins tigres qui attaquent les proies qui, comme nous, nagent en surface… Baignade interdite après 16 h… Pendant que les autres plongent Il faut que quelqu’un  veille sur l’annexe avec le moteur qui tourne etc. … Je crois que nous allons devoir enfreindre quelques règles ! La houle est grosse et le mouillage très rouleur. Gil et moi décidons d’aller à terre. L’atterrissage est très « olé olé ». Moteur à fond, nous surfons sur le dos d’un rouleau à une vitesse fulgurante pour nous poser sans dommage sur le sable. Visite au garde et belle balade sur la colline. Nous rencontrons des cochons sauvages et suons beaucoup. Le départ de la plage, face aux vagues est encore plus sportif ! Nuit chahutée…

Seuls en mer

Mardi 12 mars

Nous partons avec un régime de bananes complet (soit une centaine de bananes). Nous ne mourrons pas de faim ! Départ comme prévu à midi. Mer plate. Des dauphins viennent par deux fois nous voir, nous croisons une tortue. Pendant la nuit nous coupons la route des cargos allant à Panama. Vigilance … Nous nous organisons en quart de trois heures et déjeunons ensemble au petit matin. La deuxième journée est grise. Ciel de plomb, mer de nacre. Nous installons le spi pendant deux heures puis le vent retombe. Moteur. Il fait lourd. A la tombée du jour des orages éclatent de partout comme de grosses bulles roses, ils nous accompagnent toute la nuit. Un clapot de face nous chahute un peu. J’ai sommeil. 3° jour ; à 10 h nous attrapons une petite bonite, parfaite pour nous. Le temps est blanc et immobile. Nous ralentissons l’allure pour ne pas arriver de nuit. 2h du matin, des lumières sur la mer tout autour de nous. Nous devons être à la limite du parc national. Au moins une douzaine de bateaux de pêche zone dans le coin. Difficile de tous les surveiller. Gil prend son quart  à 3h. A 5h je l’entends qui crie « monte vite sur le pont ! » Je saute de ma couchette. Un bateau, tout proche, nous fait des appels lumineux. Gil, qui a d’abord essayé de l’éviter, a pris la barre. Le bateau se rapproche à quelques mètres de nous, on nous crie quelque chose que je n’arrive pas à comprendre. Enfin, je saisis ; canal 10 sur la V H F. Là, nous pouvons communiquer. Ce sont les gardes de l’île Coco qui veulent savoir qui nous sommes et où nous allons. Après avoir décliné notre identité et nos intentions, ils nous préviennent que l’on peut rencontrer des bateaux de pêche. Merci, c’est gentil, mais nous aurions préféré éviter le stress de la rencontre…

J -1

Samedi 9 mars

A 6h du matin nous attaquons la balade qui grimpe sur la colline au dessus de la marina. Singes, oiseaux, papillons sont au rendez-vous. Retour à 10h, un peu fatigués. En remontant sur le bateau Michel nous fait un magnifique grand écart et tombe à l’eau…Dans sa chute il perd un verre de lunette et son appareil photo est bien mouillé. Affaire à suivre.

Dimanche 10

Nous allons au ponton pour laver le bateau. 3h de travail sont nécessaires. Grande première, Michel coud…J’immortalise ce moment mémorable. Soirée pâtes sur Io. Un régal !

Lundi 11

La douane est fermée le lundi, nous devons attendre demain. Catherine me fait une superbe coupe de cheveux, je suis parée pour le Pacifique ! Voici le programme ; mardi 12, départ vers midi. Arrivée probable le 15 à l’île Cocos, restons 4jours puis espérons gagner les Galápagos en 5 ou 6 jours. De là bas nous pourrons donner des nouvelles, alors à bientôt.

Carénage

Mercredi 6 mars

Nous mouillons à Playa Cacao pour faire le carénage du bateau. Il y a de quoi gratter ! La couche d’algue est épaisse, mais peu de coquillages. On se demande comment l’hélice a pu tourner pour venir jusqu’ici. Nous pataugeons pendant quatre heures parmi crevettes et crabes, puis attendons que la marée remonte. Il fait nuit quand nous flottons de nouveau. Retour à l’aveuglette, nous retrouvons notre bouée qui fait quelques difficultés pour se laissé attraper. Journée efficace…

Jeudi 7

Rodrigo, l’homme des parcs nationaux a réussi à récupérer notre dossier. Il nous en fait lecture pendant une demi-heure, le signe et nous le tend. Je n’en reviens pas ! Reste à aller payer à la banque national les 400$ dus. Une heure plus tard nous ramenons le reçu et à midi tout est fini. Nous avons l’autorisation officielle de passer 4jours à l’île Coco. Ouf ! Nous partirons sans doute mardi.  Nos voisins suisses-allemands, spécialiste en voilerie,  posent des rivets sur nos cagnards. Nous les installons avec brio vendredi matin. Quelle efficacité ! Les copains sur « Io » sont revenus de leur escapade à terre, petite soirée sangria pour fêter nos retrouvailles.