juin 2013

Ouverture officielle du Heiva

Jeudi 27 juin

Retour à Taiohae contre vent et vagues. 2 h de montagnes russes. J’ai mis le ciré pour l’occasion.

Vendredi 28

Ouverture officielle du Heiva ; fêtes pratiquées dans toute la Polynésie pendant le mois de juillet et qui donnent lieus à toutes sortes de manifestations. Ce soir nous mangeons donc dans une « baraque » et assistons à un spectacle de danses marquisiennes (surtout ne pas confondre avec les danses tahitiennes, sous peine de vexer les deux groupes). Les costumes sont sobres, les femmes se balancent avec des gestes doux et ondulants, elles chantent à tour de rôle. Les hommes sont terrrribles, ils sautent, se frappent sur les cuisses et la poitrine émettant des sons graves, avec une chorégraphie complexe et impressionnante. C’est très viril ! Les tambours (une douzaine) sont des troncs d’arbre creusés, avec une peau de bête tendue sur le dessus. Les plus grands font au moins 1m50 de haut et résonnent dans la poitrine. Les danseurs interprètent, en autre, la danse du cochon et la danse de l’oiseau. Joli spectacle. A 10 h, comme le bal tarde à commencer, nous rentrons au bateau.

Otomini et Teiki

Mercredi 26 juin

Nous avons rendez-vous à midi chez Otomini et Teiki pour manger des chevrettes au lait de coco (crevettes d’eau douce). Ils se sont levés à 2h ce matin pour aller les « piquer »dans la rivière à la lueur des torches. Un délice ! Nous passons l’après midi ensemble. Teiki adore faire le méchant cannibale, il dit que cela fait frissonner les touristes, sa femme est toute douceur et gentillesse. Autour de la maison, les arbres croulent sous les fruits. Chats, chiens, poules, cochons, chèvres et chevaux animent la vallée. Dans la rivière, des anguilles à oreilles se prélassent dans la boue. On s’installerait bien ici quelques mois pour profiter de la campagne, mais supporterions nous mouches, moustiques et nonos !!

Dans la baie d’à côté

Mardi 25 juin

Dans la baie d’à côté débouche une rivière. Quelques maisons abritent une vingtaine de personnes qui produisent des fruits et récoltent le coprah. Un couple nous hèle pour nous vendre pamplemousses, bananes, pommes Cythère et cresson que nous prendrons au retour. Pour le moment, avec My et Jean Paul un autre coulpe de voileux, nous partons voir la cascade réputée pour être la plus haute des Marquises (610 m). Le chemin s’enfonce dans la forêt, contournant de nombreux maraes en ruine. Il n’y a pas d’animaux dangereux dans ces îles, hormis un mille-pattes, aussi avançons nous en toute confiance entre fougères, arbres et pierres. Nous franchissons deux rivières et la vallée se rétrécie toujours devenant canyon, jusqu'à ce que les deux falaises finissent par se rejoindre. Le site est très impressionnant et un rien angoissant, des pierres peuvent tomber à tout moment de ces murailles. Nous nous sentons minuscules dans ce décor pour géants.  La chute d’eau n’a rien de spectaculaire car on n’en voit qu’une partie. Il faut de nouveau 2 h pour le retour, accompagné par une petite pluie tenace qui nous incite à traverser les rivières tout habillé. Nous réussissons à nous perdre un peu, juste pour rajouter un brin de piment à la balade. Encore un petit coup de stress pour passer les rouleaux qui se brisent sur la plage, et nous voilà chez nous, bien au sec et contents.

Pleine Lune

Dimanche 23 juin

Après une heure d’efforts pour décrocher l’ancre arrière nous partons pour le proche mouillage d’Hakatea. L’entrée n’est pas visible de la mer, il faut s’enfoncer entre falaises et rochers, bousculés par les vagues et le courant. Mais à l’intérieur de la baie le spectacle est grandiose. Une falaise de 440 mètres plonge dans l’eau et, sans le roulis, on pourrait se croire sur un lac de montagne. Eclairé par la pleine lune le paysage est saisissant.

Lundi 24

Exploration de la plage et promenade en hauteur. Nous pensions trouver de l’eau ici, mais des restes de cabanes, écrasées sous des plaques de tôle, indiquent que l’endroit a été déserté depuis longtemps, sauf par les nonos.

Tranquille

Samedi 22 juin

Continuons nos balades. Visite à l’église, à la quincaillerie, en bord de mer à regarder évoluer les raies Manta, rencontres intéressantes avec les gens du coin. Tranquille !

Nuku Hiva

Mardi 18 juin

Cinq heures de navigation pour aller à Taiohae, capitale de l’île de Nuku Hiva. En route , trois voiliers nous doublent. Je vois sortir de la fumée des oreilles de Gil. Il n’aime pas être moins rapide que les autres, ça l’énerve ! La baie où nous arrivons est immense et bien abritée des vents. Repos.

Mercredi 19

Nous commençons l’exploration de notre nouveau territoire. Ici nous allons pouvoir faire remplir nos bouteilles de gaz, ouf ! A l’agence d’Air Tahiti nous demandons une carte de réduction pour les plus de 60 ans. Il faut l’attendre 10 ou 15 jours. Je ne sais pas si nous l’aurons ! Nous trouvons des tomates, du pain et un café internet.

Une copine de 75 ans

Dimanche 16 juin

Nous sommes inscrits au repas de la fête des pères qui a lieu dans la salle communale. Les femmes sont toutes endimanchées, portent couronnes de fleurs et colliers de perles noires. Les jeunes filles du village font une démonstration de danse. Le repas traditionnel nous permet de gouter à toutes les spécialités locales ; poisson cru, poulet au coco, cochon grillé, fruits de l’arbre à pain et autres plats non identifiables. Les polynésiens ne mangent pas ou peu de légumes. Vient ensuite l’élection du plus beau papa. Ils sont neuf à être plus ou moins volontaires, dont Gil. Hé oui, il n’a peur de rien mon capitaine ! Sur un air de musique d’ambiance, ils doivent défiler autour de la salle, passer devant un jury de mamas, en se mettant le plus possible en valeur. Gil est tout petit parmi ces papas malabars. Il ne remporte pas le 1° prix, mais un grand pichet de bière offert à tous les participants. L’ambiance est familiale et bon enfant. Un groupe de musiciens accompagne deux chanteuses aux voix suaves qui nous charment par des mélopées douces et nostalgiques. Nous quittons la salle des fêtes pour un autre rendez vous sur la plage.  Nous passons devant un groupe de joueurs de pétanque et rejoignons une  fête en l’honneur d’un anniversaire. Musique plus contemporaine. Je me fais une copine de 75 ans qui fume dur et bois sec. Elle s’appelle Victoire. Pendant que je papote avec elle, Gil discute ferme avec ses deux nouveaux amis qui sont curieux du genre de vie que nous menons. Impossible de partir sans avoir accepté d’emporter une partie du repas et promis de venir le lendemain pour prendre des pamplemousses. C’était une journée importante pour nous, riche en contacts et en échanges. Quel plaisir de pouvoir parler en français.

Lundi 17

Internet à la poste où employés et clients regardent le match de foot Polynésie-Nigeria. Nous passons chez Victoire qui aujourd’hui est « fiu » (mélange de mélancolie, flemme, lassitude). Elle nous a néanmoins préparé un gros sac de mangues, de citrons verts et une douzaine de pamplemousses. Elle rajoute encore deux paquets de bananes séchées. Quelle gentillesse ! Alors que nous croulons sous le poids de nos sacs, un des « papas » d’hier nous fait monter dans sa voiture pour nous ramener au débarcadère. Trop sympa ! C’est bien d’être connus. Au mouillage nous retrouvons Artimon, avec qui nous partageons nos fruits.

En voiture sur les pistes de l’île

Samedi 15 juin

Toujours avec Jérôme, notre guide, et le couple d’australien, nous partons cette fois en voiture sur les pistes de l’île. Il fait beau et nous profitons pleinement des paysages grandioses. En chemin nous rencontrons un chevrier, un cultivateur qui nous offre des papayes, un sculpteur sur pierre et quelques jolies filles. Nous visitons d’anciens lieux de culte en écoutant des histoires de cannibalisme à faire frémir. Sur la plage aux galets fleuris nous cherchons la phonolite à grenats que l’on ne trouve nulle part ailleurs et qui inspire depuis longtemps les sculpteurs locaux. Pique- nique sur une hauteur, journée radieuse.

En randonnée pour la journée.

Vendredi 14 juin

Avec Kati, une australienne, et Jérôme notre guide, nous partons en randonnée pour la journée. Nous attaquons dur et je peine à suivre dans les montées. Forêt de pandanus, bois de fer, ibiscus à feuille de tilleul, Jérôme nous explique les particularités et l’utilité de chaque plante et arbre. Nous goûtons tout ce qui est comestible, respirons toutes ces fragrances nouvelles et écoutons roucouler dans les frondaisons le Ku-ku vert des marquises. Face aux pitons de lave (dykes de phonolite*) qui se dresse subitement devant nous, nous restons béats d’admiration. Petit cours de géologie et légendes anciennes. Pique-nique sur une crête ventée qui domine la mer et enfin, suprême récompense ; bain sous une cascade d’eau fraîche (oublions les moustiques !!!). Retour en voiture. Bonne fatigue. Super journée. *Consulter votre dictionnaire !    

                    

Rude bataille contre le vent et les vagues

Mercredi 12 juin

Rude bataille contre le vent et les vagues pour atteindre Hakahau, capitale d’Ua Pou. Le moteur tient bon. Le paysage est à couper le souffle, je vous laisse juger par vous-même. Nous retrouvons Sweet Surrender qui nous donne toutes les infos utiles sur le coin.

Jeudi 13

Et en prime un arc en ciel !                                                                                                                              Nous visitons tranquillement le village ; explorons chaque magasin, trouvons la poste et la banque, découvrons l’église et ses étranges sculptures de bois, testons le snack local, et pour finir rentrons par la plage. Deux hommes tirent un filet où brillent des poissons argentés et deux petits requins. Ils disent préférer manger les requins plutôt que se soit eux qui mangent leurs enfants…On ne va pas dire le contraire ! Soirée sur Geronimo où nous apprenons aux enfants à jouer au « Dobble »