décembre 2013

Balade nocturne sur le platier

Dimanche 1° décembre

Avec l’équipage d’Orion, balade nocturne sur le platier, pour chercher des langoustes à la lueur des torches électriques. La marche doit être prudente sur ce sol de corail, crevassé de toute part. Nous surprenons dans un trou, un poisson perroquet qui dort à nageoires fermées, plusieurs murènes grises qui fuient en se tortillant, des oursins crayons, des sortes d’holothuries noires par centaine. Nous subissons l’attaque d’un banc d’aiguillettes qui viennent heurter nos chevilles à grande vitesse, nous faisant sauter d’un pied sur l’autre. J’avoue que je ne suis pas rassurée par la proximité de ses vagues écumantes qui s’enroulent soudainement autour de nos mollets. J’ai peur qu’elles ne  m’entraînent dans la nuit. Je ne lâche pas la main de Gil. Pas de langouste, mais un ciel tellement chargé d’étoiles que l’on s’y perd…

Repeindre la coque

Lundi 24 novembre

J’ai commencé à repeindre la coque, c’est long et fastidieux. Je sue à grosses gouttes. Il faut d’abord  gratter, poncer, dépoussiérer, masquer le bleu avec du scotch, peindre, reponcer, repeindre, enlever les caches, masquer le blanc, peindre, poncer, repeindre, enlever le scotch, rectifier les bavures, et tout cela entre averses fréquentes et attaques de moustiques. Je commence parfois à 5 h du matin pour éviter de travailler en plein soleil. Il me faut une semaine complète pour en venir à bout.

Mardi 25 novembre

Ce soir, repas avec la bande d’amis d’Alfred et de Pauline.

Merci Alfred

Dimanche 23 novembre

Alfred nous embarque avec tous ses amis, pour un pique-nique, sur un motu, à une heure de là. Le temps est radieux, les hommes partent à la pêche, les femmes papotent, se baignent et nettoient un bout de la cocoteraie qui appartient à papi. Excursion jusqu’à la côte au vent pour ramasser des bigorneaux gros comme des œufs de poule. Détente, farniente et punch coco. Nous sommes de nouveau tout bronzés, reste à perdre quelques kilos !

Ciel des passagers clandestins !

Jeudi 20 novembre

Avec l’aide d’un autre voileux Gil change le joint de la pompe à eau du moteur. Il fait très chaud, plus de 34° dans le bateau, mais la mer est bonne. Après la séance de cinéma du soir, en éclairant, je surprends un monstrueux cafard dans le coin de la cuisinière. Horreur ! Mes poils se hérissent …Celui-ci ne survivra pas, mais il en reste combien d’autre ?

Vendredi 21

Pire encore ! Sous la couchette arrière nous découvrons une fourmilière entière. De grosses fourmis rouges ailées se sont installées entre les planches du lit. On a beau ne pas aimer les insecticides, nous sommes contents d’en avoir. Je me vois mal lutter à main nu contre ses envahisseuses. Nous passons le reste de la journée à tout sortir, nettoyer et faire sécher. L’odeur est forte. Nous ne sommes pas près à cohabiter avec les insectes.

Samedi 22

Sous le réservoir d’eau je trouve un nid de cafard, deux énormes mastodontes en sorte, je vide ma bombe sur eux. Désolée, nous sommes sur les nerfs, nous avons l’impression de voir bouger de partout.

Apataki village

Mardi 19 novembre

Dans le village d’Apataki l’électricité est coupée à 22 h. Depuis une semaine la boulangerie n’a plus de gasoil, donc plus de pain. A l’école, une directrice et un instituteur se partagent deux classes composées de 4 niveaux différents. Pas simple ! On ne sait pas pourquoi, mais aujourd’hui, l’unique épicerie est fermée. A la poste, pas d’internet. Avec la petite vedette du chantier, nous regagnons le chantier en 1 heure. Il y a des vagues et je sens mes vertèbres qui se tassent un peu plus à chaque rebond. Nous sommes copieusement arrosés et je peine à tenir les yeux ouverts sous l’assaut des douches. L’eau est heureusement tiède et la couleur du lagon à l’arrivée compense largement tous ses désagréments. Quel plaisir de retrouver l’ambiance cocotier. Trois voiliers se balancent au mouillage.  Jiloumé nous attend sagement, pas de catastrophe, il me parait seulement plus petit qu’avant. La peinture s’écaille de toute part, du boulot en perspective ! Nous avons quand même mis 18 jours pour arriver jusqu’ici.

Le Cobia

Lundi 18 novembre

Nous avions rendez vous à midi pour embarquer sur le Cobia, bateau de fret qui dessert les îles Tuamotu. C’est fou tout ce qui rentre dans le ventre d’un bateau, denrées toutes plus indigestes les unes que les autres. Je m’inquiète un peu en voyant la quantité de bouteilles de gaz et de bidons d’essence que nous allons transporter. Bref, le chargement se termine à 16 h et nous prenons enfin la mer. Il n’y a que trois cabines de quatre places pour les passagers. Pas de porte, couchettes en skaï, toilette sur le pont arrière en compagnie des blattes. C’est très rustique. Les passagers doivent emmener nourriture et  boisson, pas de quoi faire chauffer. Comme partout ici, l’ambiance est décontractée et chaleureuse, jamais personne ne s’énerve. Gil a un copain ogre. Ses sandwichs sont des baguettes garnies d’une boite de thon mayonnaise et d’une boite de fayots. J’hallucine !! Pour passer le temps nous dormons beaucoup. Le lendemain après midi, arrêt au large de l’île de Kokuora dont le lagon ne communique pas avec la mer. Le déchargement se fait à l’aide d’une barge et dure plusieurs heures. A la nuit tombée nous arrivons enfin à Apataki. Assam, le grand père, nous accueille avec un collier de fleurs, nous en sommes tout émus. Nous passons la nuit dans une belle pension et dormons dans un lit de 2 m de large. Le luxe !!