janvier 2014

Four polynésien

Dimanche 26 janvier

Ce matin, préparation du four polynésien sous l’œil avide de la caméra. C’est Nini qui joue les stars. Tout nerveux qu’il est on dirait un film en accéléré. Il tapisse d’abord le trou de feuilles de palmier pour maintenir le sable puis comme pour tous les feux, dispose le papier, les cocos vides, le bois. Il entasse ensuite délicatement les pierres volcaniques de façon à former une pyramide. Il creuse, au vent, un passage pour avoir accès au papier et met le feu. 4 ou 5 h plus tard le four est prêt. Les aliments, dans une marmite, sont alors déposés sur les pierres brulantes, recouverts de feuilles vertes, d’une toile de jute trempée dans l’eau de mer puis de sable. 4 ou 5 h plus tard les aliments sont cuits…  L’après midi, le bateau australien est sorti de l’eau. La manœuvre nécessite une bonne heure et se passe sans problème. Tout le monde assiste à cet accouchement toujours un peu délicat mais mené avec dextérité… Le soir, nous sommes 14 à déguster le cochon, la chèvre et le poisson cru. Il y a même des gâteaux d’anniversaire pour l’australien qui fête ses 57 ans. Mais les gens d’ici ne sont pas des couche-tard et à 10 h chacun regagne sa couchette.

La télé !!!

Mercredi 22 janvier

Un voilier australien vient d’ancrer dans le lagon. Il va rester au chantier le temps de la période cyclonique, un peu d’anglais ne nous fera pas de mal. Sont arrivés également, Jacques Navaro (qui est presque notre voisin à St Igny), son fils, et Nicolas assistant plongeur. Ils vont tourner un documentaire sur la vie du chantier. Waouh, on va pouvoir jouer les stars !

Vendredi 23

Le tournage a commencer ; mamie et le poulailler, papi et le coprah, Tony au boulot, Nini au ponçage et nos zigues sur Jiloumé à ne rien faire. Il va falloir plusieurs mois avant de voir le résultat, mais en attendant c’est amusant de les voir travailler. Soirée sympathique avec toute l’équipe devant un gratin dauphinois de ma fabrication (pas assez cuit !) Les discutions vont bon train. Maintenant, il pleut, les vagues sont trop grosses pour pouvoir sortir le bateau des australiens, celui-ci est parti mouiller un peu plus loin.

Les cailloux marchent

Mardi 21 janvier

A Apataki, attention, les cailloux marchent. Si vous regardez où vous mettez les pieds vous les verrez s’enfuir précipitamment et, la nuit, ils courent en tous sens ! Magie des îles !!! Se sont, bien sûr, les bernard-l’ermite (ou pagres) Si vous laissez une coco ouverte ils peuvent être jusqu’à 30 à se disputer l’aubaine. A trainer leur coquille comme des bagnards ils font beaucoup de bruit. Je me demandais pourquoi  les plus gros avaient  le même genre de logis. Parce que les gens d’ici leur abandonnent volontiers  les coquilles de bigorneaux qu’ils ont mangés. Crise du logement oblige, elles sont immédiatement prises d’assaut. En contre partie, ils servent d’appâts pour la pêche et contribuent à l’élaboration du monoï. Les violets ont des pinces les rouges non…..   Alfred et Tonny viennent boire l’apéro à bord. Je gagne une étoile en réussissant une mousse de thon délicieuse.

« Tu ne danses pas mal pour une française ! »

Lundi 20 janvier

Promenade sous-marine, rencontre avec un mérou pépère et une murène inquiétante. Très belles couleurs. A la tombée du jour, alors que nous allons chercher nos bouteilles d’eau fraîche et notre pain quotidien, Alfred nous convie à venir fêter l’anniversaire d’une tante dans la maison voisine. Tonton est un guitariste passionné, tout le monde chante, la soirée est chaleureuse. Nous mangeons le cochon cuit au four polynésien, Nini nous fait une démonstration magistrale de tamouré. Je participe, avec les femmes à la danse du coq, ce qui me vaudra le lendemain le commentaire de Nini « Tu ne danses pas mal pour une française ! »

Brèves d’Apataki

Vendredi 17 janvier

Brèves d’Apataki

- Chocolat a rejoint ses petits copains au congélateur, il aura eu une vie heureuse. Amen !                                      - Gil a coupé sa barbe de naufragé pour retrouver un visage plus civilisé.                                                              - Grace au colis envoyé par Pauline sur le Cobia, nous mangeons de nouveau fruits frais et légumes.            

-Beau temps ponctué d’averses subites et brèves.                                                                                               - Les requins, a quelques mètres de nous, troublent toujours notre sérénité lors des bains quotidiens     

- Tony, au retour de pêche, nous offre un beau poisson perroquet découpé en filet. Délicieux ! 

- Un gros « cent pieds » s’est noyé dans notre réserve d’eau douce. Déception, il n’a que 40 pieds. On nous ment !!!!                                                                                                                                                           - Allons nous baigner dans les eaux chaudes de la marina. Une raie me frôle au passage.                        

-Je tente une acrylique, je n’en suis pas trop fière. Ciel bleu et cocotiers, impossible de ne pas faire kitch !

Nana

Mardi 14 janvier

Baignade. Alors que les filles commencent à envisager de faire leurs valises Alfred vient nous chercher pour aller à la ferme perlière la plus proche. Il doit récupérer du matériel prêté et, par la même occasion, livrer des œufs. Les installations, juchées sur pilotis, sont rustiques. Une quinzaine de travailleurs s’activent. Nous rencontrons d’abord les nettoyeurs d’huitres qui débarrassent les coquilles de leurs fardeaux d’algues et de coquillages. Ils travaillent si vite que l’on dirait un film qui passe en accéléré. Au dessus, des femmes attachent les huitres entre deux filets. A côté, un assistant écarte délicatement les deux valves et les maintient ouvertes à l’aide d’une cale en bois. Dans la pièce à côté, le greffeur, dans une concentration totale, introduit dans le manteau un greffon (petit carré de 3mn de côté provenant d’une huitre perlière donneuse) et le nucleus (petite bille ronde qui deviendra la perle). Ces grands spécialistes, majoritairement japonais et rémunérés à prix d’or, peuvent effectuer entre 300 et 400 greffes par jour. Entre le collectage des naissains et la récolte des perles, cinq années sont nécessaires. Cette brève visite nous a donné l’envie d’en savoir plus. A 17 h, valises bouclées, nous partons pour le village. Soirée avec Alfred à la pension locale, nous nous couchons bien après la coupure d’électricité et, malgré les moustiques, profitons pleinement de nos lits extra- larges.

Mercredi 15

Bien sûre, boulangerie et épicerie sont exceptionnellement fermées. Nous nous rabattons sur la poste. Nous poirotons au dispensaire pour savoir si les médicaments préventifs contre la filariose sont disponibles, mais non, il faudra attendre le mois de mai. Puis, c’est l’aéroport, l’émotion du départ. Je crois que nos deux amies (surnommées par Alfred la grenouille rose et la polynésienne albinos) se souviendront longtemps de leur séjour à Apataki, trop court pour tout le monde. L’avion a ramené Pauline la femme d’Alfred et Tony leur fils. On tourne une page «  c’est comme ça ! » comme dit souvent Nini. Les filles vous disent : nana !

Apataki apataka…

Dimanche 12 janvier

24 h de pluie, d’orages et de vent violent. Alfred nous console avec une rillette de poisson de sa composition. Jeux, cinéma, et patati et patata, et Apataki apataka…

Lundi 13

Nous récoltons finalement trois pots à confiture de monoï. L’odeur n’est pas tout à fait exquise, mais pas désagréable non plus. Alfred nous emmène sur un petit récif de corail qui sert de garde-manger à la famille. Pendant que nous admirons la faune multiple et variée Alfred choisit ses poissons. Il ramène d’abord un poulpe, puis d’étranges Pinocchio. Claude, du bateau, surveille les requins. Retour sous la pluie (normale !) Notre grand pêcheur est aussi un grand chef, son poulpe attendri à la papaye verte est un régal (même pour moi !) C’est notre dernière soirée ensemble, elle se termine par des crêpes au Nutella.

Pique-nique ...

Vendredi 10 janvier

Monoï ; en plus des fleurs de tiaré nous ramassons les fleurs odorantes de kaaya et malaxons toujours. L’huile commence à s’écouler lentement… Avec Alfred, préparation de beignets à l’eau de coco. Claude nous concocte sa spécialité pour le pique-nique de demain ; le gâteau raplaplaplat, au citron cette fois !

Samedi 11

Activité fébrile pour préparer le casse croute. Claude s’occupe des crêpes (aux cocos, bien sûre !). Nous partons à 11 h sous un soleil éclatant. Sitôt le bateau échoué sur le banc de sable, nous sautons dans nos palmes. Jolis récifs, mérous à pois, célestes, poissons anges et papillons et nombreux pointes noires, toujours aussi curieux (je trouve le Pacifique très requin’roll !). Pique-nique sympathique (beignets, crêpes, gâteaux, oups !) puis Gil prend sa canne à pêche et attrape un tout petit poisson, tandis qu’Alfred prend son fusil sous-marin et revient avec trois mastodontes. Le ciel pendant ce temps est passé du bleu au gris, puis a viré au noir. Nous rentrons sous une forte pluie, tout grelottant. Préparation du poisson cru à la tahitienne et des mérous au four. On se régale ! Cette croisière immobile est sur le thème de la gastronomie… Encore une superbe journée.

Préparation du Monoï

Mercredi 8 janvier

Nous commençons la préparation du Monoï. 1° étape : ramasser 30 noix de coco germées. 2° étape : les débarrasser de leur gaine de fibre. Pas facile ! Je me bats  au moins 10 mn pour décortiquer la première. Gil travaille à temps plein tandis que nous nous relayons, Sandrine et moi. 2h plus tard, suant,  soufflant, les mains meurtries et le dos raide, nous contemplons très fiers notre joli tas de cocos. Une pause et un bain s’imposent… Quand nous revenons l’après midi, Alfred a déjà cassé les noix en deux, et enlevé le germe. C’est la pulpe restée contre la coque que Nini est en train de râper à l’aide d une machine bricolée sur place. Alfred nous expédie ensuite à la recherche d’une douzaine de Bernards- l’ermite violets (nous n’avions pas remarqués qu’ils n’étaient pas tous rouges). Il les  déloge de leur coquille, coupe l’abdomen qu’il écrase dans un torchon. Le jus ainsi obtenu est délayé dans 2 bols d’eau de mer. Il faut maintenant mélanger cette mixture au coco râpé. Plus agréable est la cueillette des fleurs de tiaré, 3 seaux sont normalement nécessaire, nous n’en récoltons qu’un. Dernière étape de la journée, malaxer l’ensemble. Quel boulot !

Le pain coco

Samedi 4 janvier Alfred nous offre des papayes et nous prépare des cocos vertes dont l’eau est délicieusement rafraichissante. Nous mangeons ensuite la pulpe encore molle qui tapisse l’intérieur de la noix, un délice ! Nos aventurières sont ravies. Dimanche 5 Après le bain, nous retrouvons Alfred qui doit nous apprendre à faire le pain coco. Accompagnés de Nini, nous ramassons dans la cocoteraie 8 cocos germées et 2 cocos vertes. Une fois la fibre enlevée et la tige dégustée, la noix est cassée en deux et le germe, gros comme un pamplemousse est enlevé et broyé à l’aide d’une tige de palme. C’est le moment de rajouter l’eau de la coco fraiche, le sucre roux et la farine. Musclor pétrit, pétrit… pendant que Gil creuse, creuse pour faire le four. Nini démarre le feu pendant que nous allons chercher des bernard-l’ermite pour la pêche. 2h sur le platier en plein soleil. Gil attrape 2 poissons, ferre un petit requin et abandonne son hameçon dans la gueule d’une murène. Au total, 11 petits mérous sont mis à griller sans avoir été vidés. La pâte à pain, préparée en petit tas entre deux grosses feuilles est aplatie à la main et disposée sur les pierres volcaniques brulantes. Les galettes cuisent en un quart d’heure. Pendant que nous étions à la pêche, Nini et Claude ont préparé du lait de coco, en râpant 4 noix sèches et en pressant la pulpe obtenue dans un linge. Tout est près, il est 15h. La cuisine polynésienne nécessite un certain temps, mais le résultat n’en est que meilleur. D’ailleurs les mouches ne s’y trompent pas, qui nous assaillent aussitôt. Cochons libres, chats et chiens sont également autour de la table. Le pain est délicieux, merci Alfred pour ces bons moments.