mars 2014

Avec toutes ces bulles

Jeudi 27 mars

Le ciel est cendre, la pluie bat aux hublots. Rien de folichon !

Vendredi 28

Temps magnifique, lagon serin. Aujourd’hui est un grand jour, nous avons pris rendez-vous avec nos voisins suisses pour plonger, côté océan. Cela fait 20 ans que je n’ai pas plongé avec bouteilles, j’ai un peu peur que mes oreilles fassent de la résistance. Nous descendons très lentement et tout se passe bien. J’avais oublié comme il était étrange de respirer dans cet embout avec toutes ces bulles qui s’échappent bruyamment. Je m’applique à décompresser et à contrôler mon souffle sans savoir si j’en fais trop ou pas assez, puis, je regarde… Un gros requin gris vient nous souhaiter la bienvenue. Nous longeons un plateau de corail entre moins 10 et moins 15 mètres, le regard ne sait plus où se poser tant la quantité de poissons est grande. Une raie vole quelques instants devant nous. Des bancs compacts forment des ombres menaçantes qui se dissolvent à notre approche pour se reformer aussitôt. C’est une concentration de tout ce que nous avons vu jusqu’à présent, avec en plus deux poissons clown sur une anémone. Pas de monstres, des mérous, une murène, des étoiles de mer, des bébés requins et tous les poissons colorés du lagon. Une heure plus tard, nous nous retrouvons à la surface contents, et prêts à renouveler l’expérience.

Des pêcheurs d’holothuries

Mardi 24 mars

Une petite houle venue du sud nous malmène durement. Pour échapper à cet incessant roulis, une promenade à terre s’impose. Pas d’ombre sur la route déserte, le soleil est au zénith. Nous atteignons péniblement l’aéroport, vide à cette heure-ci. Rencontre avec des pêcheurs d’holothuries. Cette pêche est toute récente, les chinois payent un prix d’or ces grosses limaces de mer (50€ le kg). A Fakarava , zone protégée, la pêche dure 9 mois et le cotât est de 7000 tonnes, sur Toau 5000 tonnes. Ces concombres de mer (gros comme ma cuisse) ont des teintes et des livrées différentes mais en aucun cas ne paraissent  appétissantes. Elles sont préparées, cuites et séchées sur place, puis s’envolent pour l’empire du soleil levant, où attendent de gourmands petits chinois.

Maudits moteurs

Jeudi 20 mars

Repas du soir sur Jehol. C’est quand même bien un catamaran pour recevoir du monde, il y a de la placeet du confort. Pour naviguer aussi ! Quand je pense que durant la traversé du Pacifique, en allant deux fois plus vite que nous, ils ont pu manger à table sans même avoir à tenir leurs verres ! Cela laisse rêveur ! Le maï-maï était délicieux. Retour à la rame, l’annexe n’en fait qu’a sa tête.

Vendredi 21

Nous voulions partir ce matin pour le sud, mais le moteur de l’annexe ne veut plus rien savoir. Gil passe la matinée à l’ausculter….sans succès. L’après midi, nous nous rendons chez le mécano, mais celui-ci est parti pour Papeete. Ramons…

Samedi 22

Encore une matinée le nez dans le moteur de l’annexe et Gil trouve enfin la panne. Quelques réglages supplémentaires et nous entendons de nouveau son doux ronflement (à l’annexe !). Nous pourrons partir demain. Violentes rafales de vent et pluie nous surprennent pendant la séance de ciné du soir. Notre bidon de 20 l se remplit en quelques minutes.

Dimanche 23

Après consultation du ciel et de la météo nous levons l’ancre. Je suis ravie de bouger, je commençais à avoir des fourmis dans les neurones. Fakarava possède le deuxième plus grand lagon des Tuamotu, il fait 60 km de long et 20 de large. Il nous faut donc 6 h pour atteindre le sud. Mais, au bout d’une heure Gil m’annonce que le moteur recommence à fuir. Il faut faire demi-tour. Maudits moteurs. Nous reprenons notre place au mouillage et partons à terre pour nous changer les idées. Ce sont les élections municipales et le village est plus animé. Nous rendons visite à nos voisins suisses qui tiennent un centre de plongée. Je pense que nous allons rester ici jusqu’à ce que nos amis viennent nous rejoindre et nous amènent la pompe eau de mer du moteur qui doit être défectueuse.

Une journée de vacances

Dimanche 16 mars

Deux jours de pluie et de vents violents nous ont empêchés de mettre le nez dehors. Nous sommes heureusement à l’abri des vagues. Après une double intervention du mécano et quelques ajustements de Gil (je vous épargne les détails techniques) le moteur ronronne comme un chat satisfait. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il le reste ! Le coup de vent a fait remonter du sud tous les voiliers, nous sommes maintenant une dizaine au mouillage, dont les italiens et Ker a vel.

Lundi 17

Voilà, c’est fait ! Nous sommes allés au dispensaire prendre nos cachets de Nautésine, médicament distribué gratuitement à toute la population pour lutter contre la filariose. Petit restau entre copains. Regroupement  de plusieurs équipages sur Domino, catamaran à moteur d’une vingtaine de mètres .Ma tarte à l’oignon était très réussie et la soirée aussi.

Mardi 18

Avis aux navigateurs ; Aldric, Stéphanie et leurs deux filles, sur le bateau Algise ont décidé de s’installer ici, en conséquence nous disposons maintenant à Fakarava nord d’un service de laverie, location de vélo, transport et distribution de pain et viennoiserie à domicile. En veille sur le canal 77 demander Fakarava yacht service.

Mercredi 19

Il fallait bien les essayer ces fameux vélos à rétro freinage ! Je vois déjà mes enfants sourire en imaginant  leur mère chevauchant un vélo sans frein … Je m’en suis sortie honorablement, il faut dire que la route était plate, lisse, large et déserte. En chemin nous avons rendu visite à la marchande de confitures, à l’apiculteur qui à même ouvert une de ses ruches pour nous montrer ses gentilles abeilles, et avons déjeuné dans un snack au bord de la mer après une baignade rafraichissante. C’était une journée « vacances »

Rotoava

Mardi 11 mars

Le village s’étire sur une étroite bande coincée entre océan et lagon. Deux épiceries, deux églises, la poste, le dispensaire, des snacks et quelques échoppes d’artisanat. Le pain est délicieux. Nous nous réapprovisionnons un peu car les calles étaient bien vides ! Nous explorons ce nouveau monde et papotons avec ceux qui ont le temps. Ainsi, une vendeuse nous nomme (en pomotu) chaque coquillage qui orne son magasin, où le trouver et comment le percer. Bien sympathique ! Il fait beau, les jardins sont fleuris, nous dénichons un garagiste qui va venir sur le bateau réparer la pompe eau de mer (j’espère !). Au hasard d’un chemin, un hélicoptère ! Au mouillage, trois autres voiliers dont Algise que nous avons plusieurs fois rencontré. Ni mouche, ni moustique, ni roulis

Fakarava

Dimanche 9 mars

Le ciel est gris, le vent raisonnable et la mer calme, nous partons donc. Pour remonter au vent nous nous aidons du moteur, la pluie ne nous épargne pas. Avec consternation nous nous apercevons que la pompe eau de mer fuit abondamment et que la courroie du moteur est passablement distendue. Notre humeur s’accorde soudain à la couleur du ciel. Nous avons passé tant d’heures à bichonner ce moteur ! Gil a changé tout ce qui pouvait l’être, nous avons suivi tous les conseils, fait toutes les révisions, c’est désespérant ! Gil hésite à rebrousser chemin, je ne suis pas trop d’accord. Une brise régulière se lève enfin. Sous voiles seules nous filons à 7 nœuds au près et atteignons la large passe de Garue. Le soleil revient, le moral remonte, nous glissons jusqu’au village de Rotoava, nous voici à Fakarava.

Ce fut une belle étape

Vendredi 7 mars

Hier, les italiens nous ont offert 4 rougets prêts à cuire. Sympa ! Ils sont repartit ce matin.

Samedi 8

Dernière journée à l’anse Amyot. Nous la passons à terre. Valentine nous a invités à manger. Quand nous débarquons à 1 h, elle commence à préparer le pain coco. Des amis d’une ferme perlière proche sont venus en visite dont une superbe rea-rea, ces femmes-hommes que l’on rencontre si fréquemment ici. Papotages tranquiles. A 17 h le pain est cuit, les voisins repartis. Après le traditionnel bénédicité nous dégustons le kaveu, crabe des cocotiers attrapé la veille et la fougasse au poisson. Valentine est une fine cuisinière, malheureusement le nuage de mouches qui s’est invité, gâche un peu la dégustation. Nous rentrons à la nuit. Ce fut une belle étape et une riche rencontre avec des personnages hauts en couleurs et généreux que nous n’oublierons pas de sitôt.

Alerte orange pour la pluie, le vent et la houle.

Dimanche 2 mars

Le voilier Samiréna rejoint le mouillage. Tournoi de boules à terre. Les Pomotus sont nettement supérieurs aux français. On joue 2 contre 2, avec 3 boules chacun. Nous rentrons au couchant.

Lundi 3

Samiréna est parti. Le voilier And ros a pris sa place avec, à bord, 2 italiens et 1 anglaise. Repas chez Valentine. Pluie abondante.

Mardi 4

Alerte orange pour la pluie, le vent et la houle. Par sécurité nous laissons tomber l’ancre à l’avant avec 20m de chaîne. Pas de chance, celle-ci s’enroule autour d’un pâté de corail et fait un bruit infernal. Pas moyen de dormir.

Mercredi 5

Nous invitons les italiens à bord pour boire le café. Scandale ! Ils ne veulent pas venir boire un mauvais café français, eux, les rois du capuccino ! Nous allons donc sur leur voilier. Ils sont très sympas, nous communiquons en anglais.

Jeudi 6

Tous les réservoirs sont pleins d’eau de pluie. Nous roulons beaucoup. Nous essayons d’aller à terre à chaque éclaircie et revenons systématiquement trempés. Toute la journée il faut ouvrir et fermer les hublots, ouvrir et fermer les hublots……

Nous observons et sommes tout ouïe (de poissons)

Jeudi 27 février

A terre, toute l’équipe est en train de travailler. Sitôt débarqués nous voici embauchés pour préparer les poissons perroquets que le Cobia passera prendre demain. Gaston découpe les filets, Gil ôte la partie noire qui n’est pas consommable, les deux autres hommes enlèvent la peau, je récupère les filets en vérifiant qu’aucune écaille ne reste collée, j’en fais un tas de deux kilos que je glisse vers Valentine qui l’emballe soigneusement dans un sac plastique qui va directement au congel. La cadence est soutenue pour les hommes et Gil en a des crampes aux doigts. A 14 h, 50 kl de filets de poisson sont prêts à être expédié. Une partie des déchets est jetée à la mer juste devant nous. Aussitôt une cinquantaine de requins se disputent l’aubaine. Certains gris ont une taille plus que respectable. Le reste est déversé au milieu de la passe sans doute pour les cousins du large. Et, c’est ainsi chaque semaine.

Vendredi 28

Le Cobia est là… Les filets de poisson n’étaient que la partie visible de l’iceberg. 500 kl de poissons, fraîchement pêchés attendent d’être embarqués. Ils sont achetés et payés d’avance. Les hommes s’affairent, les requins espèrent… Nous observons et sommes tout ouïe…

Le piège à poissons de Gaston

Mercredi 26 février

Ker a vel a continué sa route, nous profitons, seuls, de ce coin magnifique. Lors d’une promenade sous-marine, nous allons visiter le piège à poissons de Gaston. La majorité de la faune du lagon est représentée ici. Des carangues bleues s’agitent au centre, dans un coin des poissons rouges aux yeux immenses, dans un autre, des jaunes de forme effilée, quelques balistes solitaires. Deux requins dormeurs digèrent sur le fond, ils sont chargés de supprimer tout individu malade ou mort. Un banc d’aiguillettes patrouille en surface. Dans un bras du piège, un requin pointe noir s’énerve, des envolées de poissons papillons s’éparpillent à la moindre alerte. Nous restons béats devant cet hallucinant spectacle qui se transforme à chaque instant dans une féerie de formes et de couleurs. Gaston vient plusieurs fois par jour visiter le piège, il saute sans crainte au milieu de ce beau monde, prélève ce dont il a besoin et virent les indésirables tel le barracuda qui effraie la population ou le baliste qui fait des trous dans le grillage.