mai 2014

IO

Jeudi 22 mai

Nous retrouvons avec plaisir Catherine et René du bateau IO pour une soirée mémorable. Nous étions ensemble au Costa Rica et beaucoup d’eau a coulé sous nos coques depuis. Ils repartent hélas le lendemain. En attendant, nous nous goinfrons de fruits, dégustons une pizza, dévorons des glaces,  nageons tous les jours et le temps passe…

Vendredi 23

Après moult palabres, l’ensemble de l’équipage décide de pousser jusqu’à la baie suivante. Une demi-heure plus tard nous voilà donc ancré à Opunohu avec une quinzaine d’autres voiliers.

Samedi 24

Le paysage sous marin est intéressant, mais peu de poissons

Quelle belle journée !

Mardi 20 mai

Cahin- caha, nous empruntons la route des ananas qui se faufile entre les pics. Les plantations dégringolent des montagnes en taches gris-verts, sillonnées par les saignées rouges des chemins. Sous le soleil implacable un travailleur arrache les rejets qui seront replantés ailleurs. Un plan d’ananas ne donne qu’un fruit à la fois mais peut produire durant 5 ans.  Un hectare supporte 30 ou 40 mille plants. Après le tourisme c’est la principale activité de l’île. Le chemin nous conduit ensuite entre bois et fougères jusqu’au site archéologique de Titiroa où un ancien marae se cache sous les châtaigniers tropicaux. Enfin, nous arrivons au belvédère, avec un magnifique point de vue sur les deux plus célèbres baies de l’île. Nous sommes dans l’ancien cratère du volcan, sous le charme des pics majestueux qui nous entourent. En redescendant, halte au centre de formation agricole où l’on peut visiter le domaine et les plantations sur un intéressant parcours d’une heure et demie. Nous reprenons la route pour stopper devant un mini village maori, reconstitué pour accueillir artistes et artisans locaux. Il est fermé mais l’on nous autorise toutefois à le visiter gratuitement. Deux français sont en train de se marier à la mode polynésienne. Les officiants ne se prennent pas trop au sérieux et sont bien sympathiques, ils insistent pour que l’on pause pour les photos ! Le reste du tour de l’île se passe tranquillement. Nous avons quand même mis  la journée pour faire 60 km, mais il fallait bien cela et quelle belle journée !

Exploration de la baie de Cook

Dimanche 18 mai

Quel délice, une nuit paisible et calme a requinqué tout le monde. Réveil aux chants des coqs, première baignade avant le petit déjeuner, dans une eau claire et chaude. Nous partons en direction du village avec nos sacs à provision, mais, comme par hasard, c’est dimanche et seul un super marché est ouvert. Gil retrouve la civilisation et pousse son chariot avec grand plaisir. Pour le menu : entrecôte, galettes de pomme de terre, yaourt et ananas local. Sublime ! Le catamaran de notre copain Gilles vient ancrer à côté de  Jiloumé. Nouvelle soirée chaleureuse à son bord, avec foie gras, champagne, et cuisine indienne. Les raies autour de nous dansent la rumba au clair de lune.

Lundi 19

Objectif du jour ; exploration de la baie de Cook par voie terrestre. Nous sommes d’abord arrêtés par un centre artisanal où nous papotons avec les mamas du coin. Il fait très chaud. 2° halte chez un marchand de glace. 3°, 4° étapes : les boutiques d’artisanat et de perles. 5° halte : achat de fruits. 6° : restaurant chinois, 7° : chapelle St Joseph, 8° : nous louons une voiture pour le lendemain et enfin, retour. Nous sommes fourbus, Gil a mal au dos et Christiane aux pieds, mais c’était bien.

Arrivée dans la baie de Cook !

Jeudi 15 mai

Tout est bien amarrer. Nous nous désentortillons des coraux, passons la passe et prenons le large. La houle est très grosse et désordonnée. Michel et moi commençons à nous sentir mal. Le vent n’est pas très fort et nous avançons péniblement à 4 nœuds, ça balance pas mal ! Position allongée, pas faim, pas bien. Pleine lune, quart de 3h chacun, le vent se lève enfin.

Vendredi 16

Au petit matin Michel déclare de son air tranquille «  He bien, cela fait des années que je n’ai pas passé une aussi mauvaise nuit ! ». Voilà qui va lui laisser des souvenirs ! Je ne me sens guère mieux et je maudis la navigation, la mer, les bateaux, et les femmes soumises. Le vent nous pousse maintenant à 6,7 nœuds. A midi, nous attrapons un thazard d’un mètre de long qui saute directement dans la poêle grâce à l’imperturbable Christiane. Nouvelle nuit de torture.

Samedi 17

Quand le soleil se lève enfin et que les nuages se dissipent, Tahiti apparait dans toute sa splendeur, puis Moorea, promesse de calme et de repos. L’arrivée dans la baie de Cook est spectaculaire. Nous ancrons près du cata Keravel sur lequel nous avons le plaisir de retrouver les copains pour l’apéro du soir.

C’est trop sympa !

Dimanche 11 mai, lundi 12

Il fait trop mauvais pour faire quoique ce soit. Nous restons à bord. Repos. Je commence le tableau de la vierge de Tetamanu commandité par les habitants de Fakarava nord. Bon exercice de style à l’acrylique.

Mardi 13

Le soleil nous redonne de l’énergie, je n’ai presque plus mal au dos. Nous allons brûler nos poubelles sur un motu désert  et faisons provision de cocos. Dans notre lancée, nous nous attaquons au nettoyage de la coque, la couche d’algue part facilement et à 4, le travail est fini en 2h de temps. Un bon plat de pâtes nous permet de récupérer puis chacun choisit sa sieste : certain dorme, d’autres lisent, d’autre peigne... (Je ne citerai aucun nom).

Mercredi 14

Allons à la pension pour confier le tableau au marin qui va chercher les clients au Nord. C’est drôle de penser que plein de gens vont s’incliner devant. J’ai un peu l’impression d’être un faussaire. Phiné, le cuistot  ne veut pas nous faire à manger parce qu’il n’a plus assez de provision. Il estime qu’il ne peut pas nous faire payer 22€ pour un plat de riz et du poisson grillé. Aussi nous invite-t-il à partager gracieusement leur repas. C’est trop sympa !  Pour digérer, nous partons faire le tour du motu à pied. Les vagues se fracassent de chaque coté de la passe en énormes rouleaux écumant de rage. C’est beau.

Inoubliable

Jeudi 8 mai

Belle plongée en bordure de la passe. Nous passons de l’autre coté de celle-ci pour aller visiter ce qu’il reste du village, ancienne capitale de Fakarava. L’église tout d’abord, qui fut une des premières bâties aux Tuamotu, avec sa vierge naïve que l’on m’a demandée de peindre, les restes d’une école et d’une prison. Deux couples de pêcheurs vivent encore ici à côté d’une pension de famille incluant un centre de plongée et un restaurant. Promenade bien agréable. Premier contact sympathique. Pour rentrer au bateau, il nous faut une bonne demi-heure, traverser la passe tout d’abord, puis tirer l’annexe sur les hauts fonds puis ramer en slalomant parmi les patates de corail qui ne sont visibles que par beau temps. Mais rien n’arrête vos infatigables héros.

 

Vendredi 9 (Cricri)

Levée 6h. Départ 9h pour affronter la passe sud et ses requins. Canotage entre les patates de corail au préalable et nous voilà harnachés des palmes, masque et tuba dans le fort courant de la passe, 30m de profondeur. Au début, que des poissons de toutes les couleurs et formes puis, plus au fond, environ 15m, les requins gris sont à la queue leu leu dans le sens du courant. Michel en compte 37… Ouah ou ! Puis voilà la « piscine », dénommée ainsi car eau claire,  limpide et peu profonde, où nous sommes accueillis par un barracuda de 1m50 qui passe entre nous et d’un gros pépère de Napoléon d’environ 40kg qui se pavane en attendant quelques nourritures. Ses petits frères l’entourent et le spectacle est surprenant, bien sûr 7 à 8 requins pointe noire tournent aussi mais nous n’en prenons plus garde.

L’heure avance et nous sommes attendus au restaurant de la pension. Quels délices : du poisson cru, du poulet et pâtes chinoises façon polynésienne…on se régale…puis discussion soutenue jusqu’à 15h. Il faut penser à retourner au bateau. Traversée de la passe sous forte houle, canotage sur le platier et nous voilà arrivés avant la nuit (18h). Belle journée et cerise sur le gâteau : Jos réussit à coincer internet et nous trouvons le mail de Maëlle et …les photos de Noéline et Louna… les grands parents sont gaga. Tout le monde va se coucher le sourire aux lèvres.

 

Samedi 10

Gil a rendez vous pour la plongée de la passe Sud. Re 6h levée, départ 8h et canotage mais nous touchons les coraux avec le moteur et aïe ! La goupille est cassée. Mais nos hommes n’écoutent que leur courage et rament, un peu d’angoisse sur l’annexe car il faut traverser la passe et son fort courant. Mais ils sont forts et nous voilà à bon port au club de plongée avec en prime un peu de bricolage en prévision avant le retour. . Pendant que Gil se prépare pour plonger, nous dégringolons en PMT (palmes, masque et tuba) à toute vitesse dans le courant  et planons au dessus d’une trentaine de requins gris... Ça décoiffe !

(Gil) : Plongée dans la passe de Tumakohua. Nous sautons du bateau à la sortie de la passe (coté Pacifique) et après un regroupement en surface, nous descendons dans la zone des 20 m. Le courant rentrant nous entraine et nous stoppons devant un mur de requins principalement des gris (ils sont entre 100 et 200). Nous sommes accrochés au corail pour ne pas être entrainés et bien profiter du spectacle. Ils sont tous face au courant et se maintiennent ainsi immobiles, les premiers passant régulièrement en queue de peloton dans un balai tranquille. C’est fantastique ! 10 minutes plus loin, un autre mur tout aussi dense. Du jamais vu pour moi ! Inoubliable.

Le dos de joss craque ...

Lundi 5 mai

En me penchant en avant j’entends craquer mon dos et me voilà bloquée. Je rejoins péniblement ma couchette. Les vagues sont toujours fortes, le bateau saute et cabriole en tirant sur sa chaîne, la situation n’est plus tenable. Après une rude bataille pour dégager la chaîne et l’ancre coincées sous le corail nous contournons récifs et hauts fonds, de l’autre coté de la passe, pour atteindre le lieu dit des sables roses.

Mardi 6

Temps épouvantable. Mouillés dans 4m d’eau, nous ne risquons pas de déraper mais les vagues nous malmènent toujours. Je reste au bateau pendant que le reste de l’équipage va explorer les îlots en face de nous.

Mercredi 7

Comme j’arrive de nouveau à marcher (lentement), je pars avec les autres en exploration. L’endroit est magnifique, surtout avec un rayon de soleil. Les motus, couverts de végétation et de cocotiers sont séparés par des bras d’eau qui courent de l’océan au lagon, découvrant quelques bancs de sable rose délaissés par les courants.

Toujours de la pluie

Vendredi 2 mai

Toujours de la pluie et du brouillard, un vrai temps de Toussaint ou, comme disent nos amis Polynésiens «  un temps à faire des bébés ». Nous nous glissons entre deux averses pour une promenade sur le platier qui se termine par un cours d’aquagym sous la pluie.

Samedi 3

Sale temps ! Le ciel se charbonne et grogne, le bleu a été englouti par la pluie, les seaux se remplissent, personne ne songe à se baigner. Prenons notre sous-marin pour aller à terre. Nous sommes les tout premiers clients du restaurant de Laiza qui nous régale des toutes premières langoustes de la saison. Nous jouons, discutons, lisons, et ainsi passe le temps à Fakarava sous la pluie.

Dimanche 4

Le ciel étant plus clément nous partons pour Tetamanous et mouillons au milieu d’un champ de patates de corail. L’eau est si transparente que l’on voit très nettement tous les requins qui zonent en dessous du bateau. Notre envie de baignade devient soudain moins impétueuse. Le ciel se couvre de nouveau, les éclaires illuminent l’horizon, la houle se renforce et nous secoue méchamment toute la nuit.

Leiza et son mari...

Mercredi 30 avril

Allons à terre saluer la famille qui vit ici. Promenade jusqu’au platier. Le reste de la journée, temps gris, pluie, bricolage en tout genre. Nous testons le jeu qu’Emeric nous a offert. Gil gagne brillamment. Pas d’internet ici.

Jeudi 1° mai

Leiza et son mari inaugurent aujourd’hui leur petit restaurant. Plusieurs voiliers ont répondu à l’invitation. A midi, la pluie cesse, tout le monde se retrouve pour l’ouverture du four polynésien. Les équipages de 8 bateaux sont présents plus quelques voisins, la famille de nos hôtes, six chiens et deux cochons. C’est un plaisir de faire connaissance avec tout ce beau monde. Nous sommes une quarantaine. La nourriture est délicieuse ; porc, poison, pain coco, poé…et l’ambiance chaleureuse. Les canadiens nous font une démonstration de kit surf. Nous rentrons à la nuit, très contents .

Habités par la fièvre des conquistadors

Lundi 28 avril

Nous partons sans un regard en arrière, habités par la fièvre des conquistadors. Sud, toujours plein sud ! Nous sommes prêts pour affronter l’inconnu, le regard rivé sur la ligne bleu de l’horizon. La soif de la découverte assèche nos gosiers et l’impatience ronge nos nerfs. Un paysage neuf défile sous nos yeux étonnés et le flot nous porte en son sein, toujours plus loin…Après une heure de navigation au moteur nous atteignons Tike Tite, mouillons juste derrière la balise et sautons rapidement à l’eau. Là, c’est l’apothéose. A ce jour notre plus belle plongée avec masque et tuba, aux Tuamotu. Le récif est très vivant, les poissons nombreux, nous découvrons de nouvelles espèces, de nouvelles formes et de belles couleurs. L’enthousiasme nous transporte. Même sous l’eau on entend Cricri qui s’exclame et appelle son minou à grands cris. Deux requins nous surveillent de près, mais sans agressivité, nous restons toutefois groupés. C’est beau. Désolée pour ceux qui n’aiment que les poissons que frits, mais je ne peux pas m’empêcher de vous faire partager ces merveilles.

Mardi 29

Avant de partir nous voulions revoir les poissons. Sitôt à l’eau 5 pointes noires nous entourent. Nous restons une demi-heure sous l’eau à nous observer mutuellement du coin de l’œil. C’est un spectacle magnifique, ils ne s’approchent pas à moins de 3m de nous, ils sont superbes mais trop nombreux à mon goût. Je donne le signal du repli,  au grand regret de Cricri. Départ pour Hirifa au S-Est de Fakarava Nous plantons la pioche 2h plus tard. Il pleut.