Nana

Mardi 14 janvier

Baignade. Alors que les filles commencent à envisager de faire leurs valises Alfred vient nous chercher pour aller à la ferme perlière la plus proche. Il doit récupérer du matériel prêté et, par la même occasion, livrer des œufs. Les installations, juchées sur pilotis, sont rustiques. Une quinzaine de travailleurs s’activent. Nous rencontrons d’abord les nettoyeurs d’huitres qui débarrassent les coquilles de leurs fardeaux d’algues et de coquillages. Ils travaillent si vite que l’on dirait un film qui passe en accéléré. Au dessus, des femmes attachent les huitres entre deux filets. A côté, un assistant écarte délicatement les deux valves et les maintient ouvertes à l’aide d’une cale en bois. Dans la pièce à côté, le greffeur, dans une concentration totale, introduit dans le manteau un greffon (petit carré de 3mn de côté provenant d’une huitre perlière donneuse) et le nucleus (petite bille ronde qui deviendra la perle). Ces grands spécialistes, majoritairement japonais et rémunérés à prix d’or, peuvent effectuer entre 300 et 400 greffes par jour. Entre le collectage des naissains et la récolte des perles, cinq années sont nécessaires. Cette brève visite nous a donné l’envie d’en savoir plus. A 17 h, valises bouclées, nous partons pour le village. Soirée avec Alfred à la pension locale, nous nous couchons bien après la coupure d’électricité et, malgré les moustiques, profitons pleinement de nos lits extra- larges.

Mercredi 15

Bien sûre, boulangerie et épicerie sont exceptionnellement fermées. Nous nous rabattons sur la poste. Nous poirotons au dispensaire pour savoir si les médicaments préventifs contre la filariose sont disponibles, mais non, il faudra attendre le mois de mai. Puis, c’est l’aéroport, l’émotion du départ. Je crois que nos deux amies (surnommées par Alfred la grenouille rose et la polynésienne albinos) se souviendront longtemps de leur séjour à Apataki, trop court pour tout le monde. L’avion a ramené Pauline la femme d’Alfred et Tony leur fils. On tourne une page «  c’est comme ça ! » comme dit souvent Nini. Les filles vous disent : nana !

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