Anse Amyot, atoll Taoao, Tuamotu

Jeudi 20 février

 Nous partons à 8h30. Une heure et demie plus tard nous embouquons la passe sud. Ce doit être le bon moment car le courant est faible et l’eau calme. Nous sommes de nouveau libres et soulagés, comme si nous quittions un manteau trop pesant. L’alizé est régulier et la mer belle, nous avons laissé la ligne trainer dans notre sillage. J’ai soudain l’impression qu’il y a quelque chose au bout. Pour s’en assurer, Gil commence à la remonter tranquillement lorsque d’un coup sec le fil part à toute vitesse, lui entaillant méchamment deux doigts. Est-ce une coupure ou une brulure ? Dans l’expectative j’enroule les doigts dans une feuille de choux, nous demanderons conseille plus tard. Quand notre attention se reporte de nouveau sur le poisson fautif, c’est pour le voir se détacher au milieu d’une gerbe d’écume. Il était très gros, nous n’en saurons pas plus… Ker a vel nous a rattrapé et arrive juste avant nous à l’anse Amyot. L’endroit est sublime et calme. Nous nous accrochons à un corps mort et allons à terre. Quatre personnes sont en train de préparer une quantité phénoménale de filets de poisson perroquet, le Cobia passe ce soir prendre la livraison. En lorgnant les  énormes barils de déchets de poisson, je me dis que, s’ils rejettent tout cela à l’eau, la baie doit être pleine de requins d’autant plus gros qu’elle est ouverte sur le large. Je demande donc innocemment : « et les déchets, vous en faites quoi ? ». Partant d’un grand rire la femme me répond : « C’est pour les requins ! Ah, vous pouvez vous baigner tranquille ici, les requins sont bien nourris, ils ont le ventre plein et ne risque pas de vous attaquer ». Voilà, c’est ça le voyage, il faut oublier ses préjugés et adopter une autre façon de penser.

Et alors, baignade avec les requins ?!

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