La soufrière

Jeudi 25 mai

15 jours déjà que la brume de sable sévit, tout est sale et le ciel bien gris. Gil démonte pour la 3° fois le moteur de l’annexe, mais sans succès, la bête renâcle toujours !  Une épaisse toison d’algues brunes recouvre de nouveau la coque, et, de nouveau nous recommençons à gratter.

Vendredi 26

En passant près d’un voilier au port quelqu’un nous fait signe, une bouteille de vin rouge à la main. C’est un couple qui veut nous remercier pour leur avoir rendu un filochon trouvé sur le récif il y a quelques jours. Nous leur parlons de nos déboires et, justement,  ils connaissent « l’as des moteurs d’annexe », celui qui peut tout réparer… une aubaine !!! Nous leur abandonnons notre Mercury et l’as en question nous prête le sien en échange, le temps de résoudre notre problème. L’après midi, piscine et repos. Nous dormons au bungalow pour partir tôt demain à l’assaut de la Soufrière.

Samedi 27

Il nous faut 2 h ½ de route pour atteindre le départ de la ballade, au lieu dit Les Bains Jaunes.  Un joli sentier pavé traverse la forêt  et nous conduit à la Savane-à-mulets d’où part Le Chemin des Dames. A partir de là, la trace devient de plus en plus raide et difficile. En 2h nous atteignons le sommet qui culmine à 1467m. Le vent est mordant. Les bancs de brume qui se précipitent à l’assaut du volcan se déchirent en lambeaux et se reforment aussitôt. Juste pour nous, les nuages se dissipent d’un coup, nous laissant découvrir un vaste plateau accidenté avec des pics noirs où s’épanouissent des fleurs rouges sang, des gouffres profonds qui grondent et fument, des failles et des marmites d’où s’échappent des fumerolles. Les vapeurs soufrées sont parfois suffocantes et certaines zones sont interdites, car dangereuses. Monde fascinant et inquiétant. On ressent la puissance et la force qui bouillonnent juste sous nos pieds, prêtes à se manifester au moindre soubresaut terrestre. Au moment de redescendre la semelle droite de ma chaussure se décolle complètement, je l’attache avec un cordon de mon k-way. Deux minutes plus tard, la semelle gauche fait de même. Quelques mètres plus bas, tout fou le camp ! Clopin-clopant, c’est avec mille précautions que je dégringole de roches en roches. La descente est rude pour nous. Gil a mal au dos, Catherine au genou, J Jules a des crampes. Nous croisons deux filles en tenue « boite de nuit », petites espadrilles et sacs à mains, maquillées comme des stars, à qui nous offrons à boire et qui nous expliquent qu’elles n’avaient pas prévu ce programme pour aujourd’hui. Surprenant ! Nous arrivons enfin en bas et profitons des Bains Jaunes à 30° qui, s’ils ne nous rafraichissent guère, nous délassent quand même. Mais nous n’échapperons pas aux courbatures !!!

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.