Le fleuve

Mardi 13

Je suis fatiguée, je n’en peux plus, ça fait tellement de jours que je range, que je jette, que je trie … et il en reste autant …. Au secours !!! Pascale arrive à midi et m’emmène au bateau avec mon barda. Je laisse tout en plan… les plantes vertes, les sacs qui traînent, les tas de poussière. Il faut bien partir ! Sur le quai, les copines ont préparé un casse-croute. A 13h45 nous partons, la larme à l’œil, au son de la conque. Le petit groupe diminue, il faut maintenant regarder devant nous. Nous traversons Lyon sous le soleil et profitons du frais au fond de notre première écluse. Nous dormons au joli petit port de la Roche de Condrieu.

Mercredi 14

Un petit vent du sud s’est levé. Le capitaine du port n’a pas la météo mais nous affirme que, jusqu’à Valence on ne peut avoir qu’un léger clapot, rien d’important… Nous partons donc sans inquiétude mais, le vent forcit… Au moment de sortir de l’écluse de Gervans, l’éolienne touche la paroi et une pale se brise net. Pour dégager le bateau Gilles enclenche la marche arrière et, dans un fracas d’enfer, nous heurtons violemment la paroi opposée. Sous le choc, le panneau solaire se plie en deux, c’est la cata… Sous les assauts du vent, tout tremble et vibre, menaçant de nous tomber sur la tête… Jean Jules prend la barre, Mamie tient le panneau solaire, moi, l’éolienne. Gilles coupe les fils, démonte, dévisse, il y a des bouts de verre de partout… Après une rude bataille, tout est déposé sur le pont. On aimerait bien s’arrêter mais … pas de halte possible dans les environs. Nous poursuivons notre route, le vent forcit encore, les vagues se creusent. Nous fermons tous les hublots, c’est la tempête !!! De grandes gerbes d’eau nous douchent en permanence, tout juste si nous pouvons tenir les yeux ouverts… Mamie reste à l’intérieur dans la touffeur du carré, allongée pour ne pas se retrouver scotchée au plafond… Une bourrasque envoie valser le panneau solaire d’un bord à l’autre, semant une myriade de petits éclats de verre, fendant au passage le hublot arrière. Vers St Valier, nous pouvons enfin faire une halte le long d’un quai en bois. A terre, on tient à peine debout. Bon, nous essayons de nous recentrer, de répertorier les dégâts, de nous débarrasser des bouts de verre qui, encore longtemps, vont se planter dans nos pieds. Nous naviguons péniblement jusqu'à La Roche de Glun. Sous un ciel crépusculaire, un concert de grenouilles nous accueille. Bien amarré à un ponton flottant nous savourons le calme du plan d’eau où se reflètent la lune et un lointain feu d’artifice.

Jeudi 15

M Claude et Lisa arrivent vers 10 h. Nous avons décidé de passer la journée ici, au calme. Trop d’émotions ces derniers temps ! Tout d’abord, rangement du bateau, puis sieste, baignade, visite du village, petit tour jusqu’au barrage. La soirée est tout aussi calme que la précédente et, pendant que l’on contemple le vol des hérons et le sillage des poissons, une grosse araignée s’active sur sa toile à l’arrière du bateau.

Vendredi 16

Le vent est au nord. Nous naviguons toute la journée. Nous passons 5 écluses sans avoir à attendre. La dernière, celle de Bollène, nous impressionne avec ses 23 m de chute. Nous sommes gavés de vent et de soleil. Halte au ponton flottant de St Etienne des Sorts.

Samedi 17

Le bruit du T.G.V et les rafales du vent se mêlent et tournent au dessus des toits du village désert de St Etienne des Sorts. Une jeune fille, à qui l’on demande un renseignement, nous répond très sérieusement : Vous savez, ici, il n’y a, d’un coté, que le Rhône pour se noyer et, de l’autre, que les arbres pour se pendre… Mais non, il y a aussi plein d’hirondelles qui ont investi les lieux et un paysan qui vend ses produits frais. Une aubaine pour nous ! Jean Jules et Mamie partent en taxi pour rejoindre la gare T. G. V d’Avignon. Il y a trop de vent, nous attendons 16 h pour partir. Le paysage est agréable, vue sur Châteauneuf–du-Pape et le Mont Ventoux. Nous passons l’écluse de Caderousse sans encombre. Le fleuve est large, le vent pousse fort, je ne sais pourquoi je regarde à l’arrière. « Gilles, c’est normal cette fumée blanche qui sort de l’échappement ? »  Apparemment non !!!  Le capitaine plonge dans les entrailles du moteur. « Stop tout ! » Nous voilà, planté au milieu du Rhône, à dériver au gré du courant. Gilles, très vite, diagnostique la panne : Le tuyau d’arrivée d’eau est pincé. Mais que faire ! Il y a urgence … M Claude prend un gilet de sauvetage orange et fait de grands signes pour attirer l’attention d’un voilier qui nous suit depuis déjà un moment. A chaque fois qu’elle lève les bras, son t-shirt est soulevé par le vent et découvre un petit soutient gorge qui ne cache pas grand-chose ! J’éclate de rire ! On ne va jamais nous prendre au sérieux dans un apparat pareil ! Mais si… Le voilier se rapproche. Après une délicate manœuvre et une pale d’éolienne en moins (cette fois il en reste trois) ils nous prennent à couple et nous franchissons l’écluse, de face, sans anicroche. Juste à la sortie nous accostons au ponton d’accueil, toujours ficelé au voilier Triremis. Nos sauveurs, Michel et Clémence, ont retapé depuis 6 ans ce vieux et superbe voilier. Leur gentillesse spontanée et leur habileté à la manœuvre, nous ont sorti d’un très mauvais pas. Nous prenons l’apéro ensemble (il est 22 h) et, harassés, nous filons au lit.

 

 

Grand-branle-bas sur le quai de l’écluse de l’île Barbe

Dimanche 4 juillet

Grand-branle-bas sur le quai de l’écluse de l’île Barbe. La foule se presse et cherche l’ombre. Il fait très chaud. A peine fini, le punch est déjà bu. Le bateau ne désemplit pas d’amis curieux qui essayent d’imaginer la vie à bord. La musique rythme la journée. Flûte irlandaise, harmonica, harpe, guitare, synthé, chansons, tout est tellement parfait que l’on croirait que c’est organisé ! Et enfin, le clou de la journée, le baptême, avec le chaleureux discours de la marraine et la bouteille de champagne qui se brise sur l’ancre. Que d’émotions, que de joie, que d’amitié. Merci à tous !

Mise à l'eau

Mardi 11 mai

Il flotte ! Merveille …

Après sept ans de vacances champêtres, il quitte son nid de verdure pour rejoindre la Sâone. Des amis sont là pour donner un coup de main et partager cette émotion.

Moments intenses.

A 10h du matin il s’élève dans le ciel de Saint Igny sous le crépitement des appareils photos, à 19h il touche l’eau du fleuve sous les roulements de tonnerre, battu par des trombes d’eau. Sur son dos un capitaine, insensible aux intempéries, surveille anxieusement la manœuvre. Tout est parfait. Après ces angoisses et émotions la nuit passée à port Rambeau est délicieusement calme. Le lendemain, remonté de la Sâone jusqu’à l’île Barbe. Gil pour la première fois à la barre de son bateau est le plus heureux des hommes. Nous commençons les premiers quarts (d’heure) pour tenir le câble d’accélérateur. A l’île Barbe, après un parcours d’obstacles au milieu de l’écluse Jiloumé trouve enfin sa place. Quelques jours encore et le problème du moteur est réglé …celui des toilettes aussi…

Bonjour ...

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